La neutralité au service du mal

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Décidément le « génie au service du mal « n’est pas l’apanage d’Ouyahia. La révolution citoyenne depuis le 22 février a levé le voile sur une réalité amère, celle d’une frange de l’élite qu’on peut appeler organique qui, au nom de « l’objectivité », excelle dans le rôle passif de la neutralité entre un pouvoir qui opprime et qui emprisonne arbitrairement des militants pacifiques et un mouvement insurrectionnel qui répond à tous les critères de la contestation civilisée, à commencer par celui, primordial, du pacifisme.

À mon sens, l’objectivité, la rationalité et le pragmatisme se dissipent devant une situation où les belligérants sont un bourreau et une victime.

Il est tout à fait légitime de se poser des questions, d’analyser et de faire des lectures sur les tenants et les aboutissants de la dynamique politique actuelle surtout que le régime algérien est une équation à plusieurs inconnues, mais il est inadmissible de garder le silence devant la répression et la torture.

Il me semble hypocrite de rester à distance égale entre la violence du pouvoir du fait accompli et l’attitude civilisée par excellence des manifestants.

Cette question du tout technique dans la lecture des événements et cette volonté de rester neutre entre la révolution et la contre-révolution est quelque part comparable à la problématique de l’art pour l’art et de l’engagement dans la littérature. Justifier le silence complice par d’éventuelles insuffisances à reprocher à l’opposition est une aberration. Le prétexte est trop fragile pour l’accréditer.

Dans cette attitude, il est clair qu’il s’agit d’une manière de s’embusquer dans un moment d’incertitude pour accompagner le vainqueur une fois la décantation faite.

Loin de tout populisme, il me paraît que toute défection dans l’engagement en faveur d’un peuple qui mène une révolution sans faute, du moins dans son pacifisme, est une caution pure et simple au régime.

Ceux qui, au-delà de la neutralité, poussent le ridicule plus loin et tentent de justifier les agissements du pouvoir du fait accompli, ne méritent même pas qu’on traite leur cas.

Moussa Nait Amara

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