Le pouvoir Algérien veut imposer la voyoucratie comme mode de gouvernance

Le système politique Algérien géré de bout en bout par les militaires est irréformable. La manœuvre crapuleuse d’hier dans certaines villes de l’Est prouve qu’il préfère la voyoucratie comme mode de gestion de la Cité que d’oser la voie de la démocratie réclamée pacifiquement depuis 10 mois par un peuple très civilisé.

Le régime militaire qui s’est offert depuis le 12 décembre une nouvelle façade civile a tout tenté pour mater la révolution pacifique. Sa proposition d’une conférence nationale inclusive, annoncée par Bouteflika au printemps, a été massivement rejetée, sa tentative de stigmatiser la Kabylie et porter atteinte à la cohésion nationale en s’attaquant aux porteurs du drapeau amazigh a lamentablement échoué, son passage en force en fin d’automne est un fiasco. Il passe alors en ce début d’hiver à la mobilisation des voyous des quartiers, les caïds des cités et amateurs du haschich et psychotropes pour semer la zizanie dans les marches pacifiques qui ont et continuent d’émerveiller le monde.

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L’instantanéité de l’apparition de ces hordes de voyous dans toutes les régions du pays, très encadrés par des unités de police comme le rapportent beaucoup de témoins, et l’uniformité des procédés de provocation et des modes d’agression,  prouvent que l’action crapuleuse est coordonnée à haut niveau. Un internaute outré par les images d’agression partagées hier sur les réseaux se demandaient à juste titre si ce n’est pas une décision concertée, examinée sous toutes ses coutures et prise à l’unanimité la veille par le haut conseil de sécurité présidé par Abdelmadjid Tebboune.

Le recours du pouvoir aux voyous des cités, dealers de came et quelques Caïds de quartiers est un exercice habituel des régimes dictatoriaux. Le 14 juin 2001, le gouvernement d’Ali Benflis, sur conseil des Bouteflika, avait eu recours à ce procédé. Alger se rappelle toujours de ces hordes de voyous ramenés des caves Algéroises et de ces détenus de droit commun libérés la veille des prisons pour agresser à l’arme blanche des Kabyles venus pacifiquement à Alger pour déposer leur plateforme de revendications citoyennes à la présidence.

 

Lors des divers mandats présidentiels, des bandes de voyous étaient souvent mobilisés par le régime pour s’en prendre à toute manifestation anti-électorale qui prendrait forme devant les bureaux de vote. A Tizi Ouzou, un ministre du gouvernement s’est même réuni avec les anciens détenus du droit commun de la ville des genets à l’ITHT sous couvert de présider l’installation d’une association d’insertion, pour leur livrer un message très curieux : « Son excellence, le président de la république, m’a chargé de vous transmettre ses salutations et vous exprimer son souhait de vous voir à la pointe du combat citoyen pour réussir ces présidentielles. Vous êtes jeunes et vous êtes l’avenir de ce pays ».

Incapable de contenir la révolution citoyenne pacifique  par des politiques contre-révolutionnaires recommandées par Abu Dhabi et Paris, le régime militaire tente le diable. Il lâche ces hordes en ciblant deux objectifs : vider par étapes les rues des villes de l’intérieur en y semant la terreur et isoler, ainsi Alger et la Kabylie. Dans le cas d’une forte résistance citoyenne à cet assaut, le pouvoir pourrait décréter un état de siège en avançant l’alibi d’un gros risque de turbulences sociales.

La volonté du régime d’installer cette voyoucratie comme mode de gouvernance et sa velléité criminelle de pousser la nation vers le gouffre de la violence sont un signe probant que sa chute est imminente. La révolution citoyenne qui a su jusque là faire face à toutes les manœuvres maffieuses du régime en restant pacifique doit redoubler de vigilance et être en veille permanente.  Il y va de l’avenir de cette révolution, de cette nation et de ce pays.

Arezki Lounis

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