Les commissariats transformés en petites « Villas Susini  » : Le pouvoir Algérien torture les détenus

A l’approche de la date fatidique du 12 décembre, le pouvoir de fait s’affole. La mobilisation populaire autour du rejet massif des élections le pousse vers des pratiques obscènes et condamnées par tous les traités internationaux adoptés par la communauté internationale et signés de dix doigts par l’Algérie.

Après les fermetures des routes devant les manifestants, l’état de siège partiel décrété à Alger, les arrestations arbitraires des militants de la démocratie, les arrêts de justice horribles des tribunaux, la machine de répression mise en branle par le pouvoir fait un saut qualitatif monstrueux dans son traitement de la révolution en cours : la torture.

Depuis quelques jours, les cas de torture dans les centres sécuritaires se multiplient. A Bordj Bouarreridj, l’activiste Brahim Laalami est présenté devant le procureur de la république quelques jours après son arrestation dans un état pitoyable. Le témoignage de la défense révèle que l’activiste Braïdji s’est tenu difficilement debout, et au bout de ses forces, devant le magistrat qui a ordonné sa mise sous mandat de dépôt.

Dans le commissariat de police de M’dina Djedida, c’est l’activiste Lyes Redjdal qui a été retrouvé par un parent dans un état physique et mental lamentable, selon un témoignage du vice-président de la LADDH, Kaddour Chouicha. Durant les jours de sa disparition subite, Lyes Redjdal a subi des maltraitances dans les commissariats d’Oran.

Dans la ville de Bordj Menaël, wilaya de Boumerdes, le militant Sofiane Babaci subit, lui aussi « la question ». « Interpellé violemment la nuit du mardi 26 novembre pas loin de son domicile à Laaziv dans la Wilaya de Boumerdes, par des flics en civil, [ Sofiane Babaci ] fut embarqué de force au commissariat de la ville où il aurait subi les pires sévices. Il était tabassé par une horde de flics enragé avec des coups portés essentiellement sur le visage. Les bleus sur sont visage témoignent de la sauvagerie de l’agression. Il serait évanoui suite à cette série de coups d’une rare violence », révèle son avocat, Maitre Kader Houali, dans un témoignage qui glace le sang.

La torture, procédé inhumain de triste mémoire qui a marqué le passage des parachutistes de général Massu à Alger durant la guerre d’Algérie, doit être dénoncé et condamné avec la plus haute voix possible. Le recours honteux à cette pratique est un signe tangible que le pouvoir vit ses derniers soubresauts. Cerné dans les rues et places nationales par un peuple avide de liberté, dénoncé de plus en plus à l’étranger, le pouvoir de fait tente le diable en transformant les commissariats en « Villas Susini  ».

Chabane Bouali

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