Peine de mort : Des ONG lancent le réseau maghrébin pour son abolition

Des organisations de défense des droits de l’homme d’Algérie, du Maroc, de Tunisie et de Mauritanie viennent de lancer le réseau maghrébin contre la peine de mort. Il s’agit de la LADDH, de la coalition marocaine contre la peine de mort (CMCPM), de l’Association mauritanienne des droits de l’homme (AMDH) et la coalition tunisienne contre la peine de mort (CTCPM).

Réunie, le 20 décembre dernier à Tunis en marge de la Conférence sur les stratégies pour aller vers l’abolition de la peine de mort organisée par la CTCPM et ECPM, les quatre organisations affirment vouloir mettre en place une instance régionale en vue de poursuivre la mobilisation pour l’abolition de cette peine infamante en Afrique du Nord.

« Tout en exprimant la volonté de multiplier les actions communes notamment en matière de plaidoyer et de sensibilisation, nous annonçons par la présente déclaration le lancement officiel du réseau maghrébin contre la peine de mort composé d’Organisations non gouvernementales abolitionnistes des pays de la région avec l’accompagnement d’Ensemble contre la peine de mort. Ce réseau aura pour objectif de renforcer les efforts menés pour aller vers l’abolition », lit-on dans une déclaration rendue publique, aujourd’hui.

Rappelant qu’aujourd’hui 147 Etats dans le monde ont aboli la peine de mort en droit ou observent un moratoire de fait, les signataires de cette déclaration précisent aussi que l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie n’ont pas connu d’exécutions depuis près de 30 ans et observent donc un moratoire.

Mais les quatre organisations déplorent le fait que « les condamnations à mort continuent à être prononcées dans ces Etats avec, en 2018, au moins 1 condamnation en Algérie, 10 au Maroc, 12 en Tunisie et au moins 3 en Mauritanie ».

Tout en rappelant que l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie ont ratifié le Pacte international sur les droits civils et politiques (PIDCP) et que ces Etats n’adoptent pas une position contre la Résolution de l’ONU appelant à un moratoire universel sur l’application de la peine de mort, les organisations en question annoncent leur détermination à multiplier et renforcer des actions conjointes pour sensibiliser autour de l’abolition de la peine de mort.

Elles fixent, à cet effet, un programme. Celui-ci consiste, selon la même source, à plaider pour le renforcement des engagements internationaux et notamment pour un vote des Etats en faveur de la Résolution de l’AG des Nations Unies en faveur d’un moratoire universel sur l’application de la peine de mort, la ratification du Second Protocole au PIDCP et de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP).

Ces ONG plaideront aussi pour l’intégration en droit interne des engagements internationaux en matière de droits de l’Homme notamment par la révision des systèmes pénaux, pour l’amélioration des conditions de détention dans les prisons et en particulier des condamnés à mort, contribuer à la mobilisation des acteurs abolitionnistes et développer les actions de sensibilisation.

Massinissa Ikhlef

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