Karim Sergoua expose à Dar Abdeltif : « Héritage », un retour à nos origines

Dans le cadre de la célébration du nouvel an amazigh 2970, l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC) a inauguré le 12 janvier, une très belle exposition de l’artiste plasticien Karim Sergoua intitulée « Héritage ancestral ».

Le bel aréopage d’artistes et de passionnés de culture en général et d’art en particulier qui a eu à découvrir cette nouvelle monstration de l’artiste -qui n’est plus à présenter- a manifesté un véritable engouement pour cette exposition qui nous renvoie à tout ce qui fait notre « héritage ».

Fidèle à sa démarche artistique et toujours dans sa quête plastique, Karim Sergoua propose pour cette nouvelle exposition des œuvres qui nous plongent dans nos racines et nous réconcilient avec notre héritage ancestral. Intervenant sur différents supports, même les planches de récupération, et usant d’une large palette de couleurs, il va puiser son inspiration dans l’art des origines, le symbole berbère et africain étant omniprésent et renvoyant ainsi à notre double appartenance au continent africain et au peuple amazigh. Karim Sergoua se revendique de cette double appartenance culturelle et estime qu’il faut se l’approprier : « Je ne vois pas pourquoi quand un artiste comme Picasso, lorsqu’il voyage en Afrique et ramène des choses avec lui (pierre,…) et les exploite pour ses peintures, on est tous émerveillé. Pourtant, ce sont des choses qui nous appartiennent et nous avons la priorité. Notre pays est riche. On doit faire sortir cette richesse et la faire connaître », a-t-il déclaré à l’un de nos confrères.

Entre des œuvres renvoyant à l’art rupestre par la palette de couleurs « terre », les fonds sombres et le trait naïf en blanc reproduisant les formes humaines de cet art préhistorique, les portraits abstraits entourés de clous, ou encore « Les dos courbés », réalisés sur des planches de récupération, l’artiste plasticien propose aussi deux sculptures en céramique et fer forgé portant des symboles évoquant le tatouage, ainsi qu’une troisième s’inspirant des capteurs de rêves des Indiens d’Amérique du nord, ornés de petites pièces de mosaïque. Des pièces fortes qui révèlent le champ d’inspiration très vaste de cet artiste.

Accrochées ou adossées aux cimaises de la galerie, les œuvres de Karim Sergoua invitent à une démarche réflexive. Son trait toujours masqué par une épaisse couche de blanc, laisse s’exprimer les émotions et les pensées reflétant l’innocence, la purification ou la méditation.

Cette exposition qui se termine par un avant-goût de sa prochaine monstration, dédiée à l’Algérie du 22 février 2019, est visible à Dar Abdeltif jusqu’au 18 janvier 2020.

Kahina A.

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