Le multipartisme, un acquis à préserver

Consciemment ou inconsciemment, sincères où malintentionnées, des voix s’élèvent pour épingler les partis politiques de l’opposition démocratique.

Les attaques à l’encontre de ces partis ont atteint ces derniers temps des proportions alarmantes dignes d’un état maladif qu’on pourrait assimiler à une sorte de « partiphobie ».

Il n’est pas interdit de critiquer les cadres partisans, relever leurs insuffisances et dénoncer leurs compromissions au cas où ils dérapent, mais il est indécent de prêcher leur dissolution et de les impliquer dans la sentence radicale et légitime « Yetnahaw ga3  » qui est destinée exclusivement au système et ses appareils.

La recomposition de la scène politique et le recadrage de la manière d’exercer le rôle de l’opposition à travers la mise en avant de la culture du compromis démocratique, enfin réussie par le pacte de l’alternative démocratique qui fédère l’essentiel des partis de cette mouvance autour d’une plate forme représentative des revendications populaires, a suscité les hostilités du pouvoir mais aussi celles d’une classe politique classique qui tente de résister à l’évidente autonomie des partis politiques réunis autour de ce pacte.

Des petits groupes d’ «électrons libres  » et des « in-dépendants » produits généralement par des mécontentements organiques ou des déceptions d’un mauvais classement sur les listes électorales des partis, plaident aussi pour cette disqualification des cadres partisans juste pour satisfaire un ego ou prendre une revanche.

Les raisons de ces acharnements sont tellement subjectives qu’elles font oublier à leurs auteurs qu’au-delà des sigles, ils remettent en cause le multipartisme et le pluralisme politique.

Doit-on remettre au pouvoir les acquis des luttes de plusieurs générations de militants?

Doit-on remettre toute la logistique de ces partis et priver cette jeunesse qui gagne de plus en plus en conscience des moyens de lutte politique et pacifique arrachés grâce à des années de sacrifices?

Celles et ceux qui trouvent que les partis démocratiques ne sont pas à la hauteur de la mission de contre-pouvoir qui devait être la leur n’ont qu’a s’investir dans leurs instances et travailler dans le sens de les recadrer et pourquoi pas de les réformer. C’est beaucoup mieux que d’accompagner le pouvoir dans son entreprise machiavélique de dépolitisation de la société.

Le tout n’est pas dans les partis mais aussi le tout n’est pas en dehors des partis. Ils sont tout simplement le cadre où s’exerce la politique.

Moussa Nait Amara

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