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Tebboune fait le choix des apparatchiks du régime, les fidèles de Bouteflika et les Grosses Gueules des réseaux sociaux

L’annonce du nouveau gouvernement, faite hier soir par le porte parole de la présidence, confirme l’indisponibilité du régime à opérer le changement radical, ne serait-ce que dans la forme,  réclamé 11 mois durant par la rue bouillonnante. Le nouveau chef d’Etat, Abdelmadjid Tebboune, 74 ans, déjà ministre et premier ministre sous Bouteflika, a offert un tiers des postes aux anciens serviteurs du président déchu. 11 ministres sur les 28 que comporte le staff gouvernemental d’Abdelaziz Djerrad avait porté l’eau au programme maffieux de « Son Excellence ».

L’une des bizarreries du choix d’Abdelmadjid Tebboune est l’absence d’un ministère de l’économie alors que le pays s’apprête à vivre l’une des crises les plus douloureuses, induite par la fonte des réserves de changes, la baisse drastique des prix d’hydrocarbures et l’augmentation de l’indice risque qu’engendre le mouvement de contestation populaire en cours malgré son pacifisme légendaire.

Après les grandes annonces électoralistes et populistes d’ouvrir le palais Dr Saadane aux jeunes entre 25 et 30 ans, Abdelmadjid Tebboune s’est tourné, en fin de compte, dans une large mesure vers les apparatchiks de la bureaucratie du système . Parmi les 28 ministres de plein exercice, plusieurs hauts fonctionnaires prennent la tête du ministère dans lequel ils officiaient.

Les analystes les plus sérieux avancent que le nouveau staff gouvernemental porte en lui les germes de son échec. Alors que le chef de l’Etat affronte une sérieuse et profonde vague de contestation sur sa légitimité qui place le pays dans l’une des plus grandes crises politiques jamais vécue, la nomination d’un gouvernement fait de technocrates, de fidèles du président déchu et de grosses gueules de réseaux sociaux ne fera qu’aggraver la donne et élargir le fossé qui sépare le pouvoir en place du peuple en ébullition.

Dans la rue, les centaines de milliers de manifestants qui sortent aujourd’hui pour le 46e vendredi d’affilée ne donnent aucun crédit à cette nomination. Pour eux, toute ces activités institutionnelles s’inscrivent dans le cadre de la contre-révolution.

Arezki Lounis

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