Tebboune préside une séance de travail au MDN : Redéfinition des rapports présidence-armée   

Le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune s’est rendu, aujourd’hui, au siège du ministère de la Défense nationale (MDN) où il a présidé une séance de travail. « Le Président de la République, Abdelmadjid   Tebboune, Chef suprême des Forces Armées, ministre de la Défense nationale,   effectue, mardi, une visite au siège du ministère de la Défense nationale   au cours de laquelle il préside une séance de travail », indique l’agence APS.

Ce déplacement qui intervient quelques heures après l’annonce du crash d’un chasseur de l’armée, SU-30, dans la région d’Oum El Bouaghi qui s’est soldé par la mort du pilote et de son assistant, sera une occasion pour Abdelmadjid Tebboune de s’enquérir de la situation générale de l’armée.

Mais pas seulement. Désigné à l’issue d’un processus électoral imposé par le commandement militaire à sa tête, l’ancien chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, Abdelmadjid Tebboune tentera de redéfinir les rapports entre la présidence et l’armée. Certes, cette institution est sous l’autorité du président de la République selon les termes de la Constitution, mais le commandement militaire s’est imposé, notamment durant les 10 derniers mois, comme le détenteur du pouvoir réel.

Ahmed Gaïd Salah le montrait, en tout cas, durant ses multiples interventions depuis le début du Hirak. Refusant toute solution à la crise émanant de la classe politique et des différents acteurs, le commandement militaire s’est entêté à imposer sa propre feuille de route. Pour cela, il a usé de tous les moyens.

Ayant imposé un black-out médiatique sur le Hirak, le pouvoir de fait a aussi accentué la répression contre les manifestants comme il a intensifié la contre-révolution. Au-lendemain de la présidentielle contestée et largement boycottée, du 12 décembre dernier, Ahmed Gaïd Salah avait laissé entendre que l’armée surveillera de près la suite des évènements. Ce qui est interprété, par les observateurs, comme étant une mise en garde adressée directement au nouveau locataire d’El Mouradia qui sera placé sous un marquage très serré.

Le décès d’Ahmed Gaïd Salah semble avoir changé la donne. Pas trop, toutefois. Ayant nommé un intérimaire à la tête de l’état-major de l’ANP, Abdelmadjid Tebboune a supprimé le poste du vice-ministre de la Défense qui donnait une casquette politique à l’ancien patron de l’ANP. S’est-il, pour autant libéré, de l’emprise des généraux ? Difficile de trancher cette question dans les conditions actuelles.

Cependant, sa frilosité face au dossier des détenus politiques et d’opinion laisse penser que le chef de l’Etat n’a pas les coudées franches et qu’il lui reste encore du chemin pour conquérir tous les pouvoirs qui ont changé de main ces derniers mois.        

Massinissa Ikhlef  

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