- Advertisement -

Valse des DG à l’ENTV : Changement de personnes pour que rien ne change

La valse des directeurs généraux (DG) se poursuit au groupe de la télévision publique (EPTV). Depuis le début du mouvement populaire, la chaîne publique a connu cinq directeurs, dont le dernier a été nommé, aujourd’hui.

Il s’agit d’Ahmed Bensebane qui a été installé dans ses nouvelles fonctions, en remplacement de Salim Rebahi, limogé le 7 janvier dernier. La cérémonie d’installation s’est déroulée au siège de la Télévision nationale sous l’égide du ministre de la Communication porte-parole du   gouvernement, Ammar Belhimer.

Ahmed Bensebane était directeur de la production au sein de l’EPTV. Ancien militant de l’organisation satellite du FLN, UNJA, le désormais nouveau DG de la télévision publique a été directeur de campagne du président du front El Mostaqbal, Abdelaziz Belaïd, à la présidentielle de 2014.

Il a été même candidat du même parti à la dernière élection législative. Que fera-t-il à la tête de l’ENTV ? Pas grands choses, sans doute. Et pour cause, la chaîne publique, considérée par le pouvoir comme sa boite de propagande, n’a, que rarement, fait dans le service public.

Mis à part la parenthèse du début des années 1990 où cette chaîne s’est ouverte sur la société, l’Unique, comme l’appellent tous les Algériens en raison son monopole sur l’audiovisuel national pendant de longues décennies, a plus suscité la répulsion chez les téléspectateurs que de l’engouement.

Parti pris, boycott de tous les acteurs sociopolitiques indépendants, excès dans le traitement de l’information officielle orientée… la chaine nationale a toujours été pointée du doigt par les Algériens qui ne se retrouvent pas dans ses programmes. En effet, elle était toujours absente lors des grands évènements qu’a connus le pays.  

Elle ne les évoque que pour les dénaturer, dénigrer les participants et même…verser dans la désinformation. Son rôle lors du mouvement populaire en cours, depuis le 22 février dernier, est un cas d’école. C’est ce qu’un média ne doit jamais faire. Après avoir ignoré le Hirak durant ses premières semaines, comme d’ailleurs l’ensemble des chaînes privées, l’ENTV a décidé de couvrir quelques vendredis.

Mais, la parenthèse a été vite refermée. Pis encore, la télévision publique a versé dans la désinformation en allant jusqu’à accuser le moudjahid, Lakhdar Bouregaa d’avoir usurpé l’identité de son frère. Sur sa lancée, la chaîne est devenue même un instrument de la contre-révolution en s’investissant, à plein temps, dans la division du mouvement populaire.

Changera-t-elle de stratégie ? La chaîne nationale fera-t-elle à l’avenir dans le service public, comme tous les médias dans le monde ? Ce n’est certainement pas le changement du DG qui provoquera ce déclic. Seule la volonté politique de libérer ce média est en mesure de le réaliser. Mais, jusqu’à présent, celle-ci fait toujours défaut…  

 Massinissa Ikhlef   

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More

%d bloggers like this: