52e vendredi : La révolution se porte très bien

Au 52e vendredi, la révolution du sourire ne présente aucun signe d’affaiblissement. La mobilisation populaire reste intacte partout dans le pays. Certaines villes assiégées par une présence accrue des forces de sécurité ont repris le chemin de la contestation pour donner le signe que rien n’est réglé politiquement après le passage en force d’Abdelmadjid Tebboune à El Mouradia.

Les rues de la capitale continuent de vibrer au rythme des slogans révolutionnaires. Les Algérois sortis en masse font savoir à travers les slogans scandés que le retour en arrière est une chimère que développe le pouvoir en rupture totale avec la réalité du terrain. Les supporters des club Algérois ont crié à gorges déployées le long de la rue Asla Hocine : « Pas de derby dans la capitale, tous dans la marche », en allusion au match de foot programmée le 22 février prochain entre les deux clubs phares d’Alger, le MCA et l’USMA.

L’image contient peut-être : 16 personnes, personnes debout et plein air

Dans la rue Didouche Mourad pleine à craquer, les milliers de manifestants, parmi lesquels on peut distinguer nettement le président du RCD, Mohcine Belabbas, entouré de tout l’exécutif du parti, scandaient des slogans en faveur de la phase de transition, un Etat civil et non militaire, un pouvoir politique libéré de la prise ferme des généraux et une justice indépendante des interférences et ordres venant des officines occultes ou identifiées et milieux maffieux.

Dans certains carrés, les manifestants ont porté des portraits du procureur de la république, Sid Ahmed Belhadi, muté par mesure disciplinaire à Guemmar après avoir requis la relaxe pour 20 jeunes du Hirak et plaidé pour une justice libérée des ordres hiérarchiques.

A Ain Timouchent, dans l’ouest Algérien, plusieurs citoyens d’autres wilayas se sont joint à la manifestation pour dégager la chape de plomb répressive   qui pesait depuis des semaines sur les activistes de la région.

A Bouira, les centaines de milliers de manifestants ont demandé le départ du ministre de la justice, Belkacem Zeghmati. Les bouiris ont exprimé une colère indescriptible face à l’injustice dont était victime le procureur de la république, Sid Ahmed Belhadi.

A Tizi-Ouzou, la mobilisation a gardé toute sa force. Fait nouveau et inédit, des baltaguias ont tenté leur intrusion mais la population très éveillée a pu les contenir et arrêter un de ces fauteurs de trouble et le remettre au commissariat de la ville.

Les manifestations du 52e vendredi étaient grandioses dans toutes les villes du pays. Le regain de mobilisation saute au yeux, selon plusieurs observateurs locaux. Un retour en force de la révolution qui laisse présager un bouleversement politique national dans les semaines ou mois à venir. Certains analystes sérieux avancent même une forte probabilité de remise en cause en haut lieu du mandat illégitime du chef de l’Etat actuel et l’offre d’une autre option politique.

Arezki Lounis

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