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Droits de l’homme en Algérie : Les griefs et les recommandations d’Amnesty International

C’est un rapport accablant que vient de rendre public l’ONG Amnesty International sur la situation des droits de l’homme en Algérie. Consacré exclusivement à la région MENA où des populations de plusieurs pays, dont les Algériens, se sont soulevés contre les régimes dictatoriaux en place, le document retrace l’historique du Hirak qualifié « d’un mouvement pacifique qui a ébloui le monde par son caractère pacifique et sa durée ».

Spécialisé dans la défense des droits humains en dénonçant leurs violations à travers le monde, Amnesty International n’a pas manqué de sérier l’ensemble des atteintes enregistrées dans le pays, depuis le début du mouvement populaire, le 22 février 2019.

Ce faisant, elle interpelle le pouvoir et son représentant, le chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune, en lui exigeant de répondre, sans délais, aux revendications du hirak qui a entamé depuis le 16 février dernier à célébrer son premier anniversaire.

« Le président Tebboune doit entendre les exigences du mouvement populaire pacifique. Lors de son discours d’investiture, le président de la République Abdelmadjid Tebboune s’était engagé à répondre à ces revendications. Il est temps de passer aux actes », explique Hassina Oussedik, directrice d’Amnesty international Algérie.

S’exprimant lors d’une conférence de presse, animée aujourd’hui à Alger pour rendre public ce rapport, elle exprime ses regrets de voir que le discours du chef de l’Etat n’est pas suivi d’effet sur le terrain.

Selon elle, après la présidentielle du 12 décembre dernier, la répression des manifestants pacifiques, le maintien en détention d’acteurs politiques et associatifs et les poursuites engagées contre des citoyens actifs dans le hirak sont toujours de mise. « Personne ne devrait être arrêté, poursuivi ou condamné pour avoir exprimé une opinion pacifiquement. Tous les détenus d’opinion doivent être libérés immédiatement et sans conditions », exige l’ONG qui réclame aussi « la justice, la vérité et la réparation au profit de toutes les personnes détenues arbitrairement ».

Selon la conférencière, plus de 1300 personnes font l’objet, depuis l’été dernier, d’arrestation, de poursuites judiciaires de d’incarcération. Dans ce sens, Amnesty exige une enquête indépendante sur le cas du militant Kamel Eddine Fekhar, décédé en détention suite à une grève de la faim, et du jeune Ramzi Yettou, mort après son matraquage par des policiers à la fin d’un marche du hirak, en avril 2019.

Elle dénonce aussi le placement en isolement du porte-parole de l’UDS, Karim Tabbou, ce qui est une atteinte aux droits de l’homme. L’ONG appelle également la mise en place des garanties pour le respect des droits de l’homme, de la liberté d’expression et de la presse, ainsi que la mise en place de mécanisme garantissant une justice libre et indépendant.

« La future Constitution doit mettre un terme aux contradictions existantes dans le texte actuel. Par exemple, l’article 48 garantit le respect des droits de l’homme et des libertés. Mais l’article 49 renvoie à des lois algériennes qui sont en réalité liberticides », souligne-t-elle.

Massinissa Ikhlef

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