Filière électronique et électroménager : 20% des travailleurs au chômage d’après le FCE

Les inconséquences des décisions des autorités concernant les entreprises spécialisées dans l’industrie du montage, en dehors du secteur automobile, commencent à apparaitre au grand jour. La filière électronique subit de plein fouet les conséquences des dernières mesures prises par le gouvernement de Noureddine Bedoui. Au moins, 20% des travailleurs des entreprises de ce secteur sont au chômage.

« Plus de 20% des employés de la filière ont été mis au chômage et ce taux est appelé à augmenter dans le cas où des mesures urgentes ne sont pas prises par les pouvoirs publics, au moins, pour stopper la dégradation de la situation en attendant de redynamiser le secteur productif dans le cadre d’un plan de redressement économique ambitieux et réaliste », affirme le Forum des chefs d’entreprises (FCE) dans un communiqué rendu public, aujourd’hui.

En effet, l’organisation s’inquiète de la situation que traverse nombre d’entreprises, publiques et privées, contraintes de libérer des milliers de travailleurs. Le FCE cite de nombreuses entreprises en difficulté, dont ENIEM, Condor, Iris, Sacomi-Thomson, Bya Electronics, Brandt, Starlight et Géant…

« Le Forum constate avec inquiétude la dégradation de la situation des entreprises nationales publiques et privées et exprime sa préoccupation quant à l’avenir de leur situation et de celle de leurs employés. La dégradation s’est accentuée au cours des derniers jours selon les déclarations des entreprises », souligne la même source.

 Et de préciser : « En effet, au moins deux fleurons de l’industrie électronique et de l’électroménager, en l’occurrence Condor et Eniem, ont annoncé la libération de plusieurs milliers de travailleurs et la préparation de plans sociaux pour mettre d’autres travailleurs au chômage technique ».

Dans ce sens, le FCE rappelle son alerte donnée en novembre et décembre 2019 concernant les risques de l’arrêt de plusieurs unités de production suite à la mise en œuvre des dispositions de la note de l’ABEF (Réf. 479/DGC/2019 du 30 septembre 2019), notamment l’obligation du différé de paiement et le blocage des autorisations d’approvisionnements en Kits et collections pour les filières électroménager et téléphonie mobile, ce à quoi il faut ajouter les homologations des produits par les autorités de régulation (ARPCE).

« Le Forum s’est interrogé sur le champ d’application de ladite note qui a imposé de nouvelles exigences en matière d’importation des inputs, qui a ciblé les producteurs et exclu les importateurs des produits finis. Ce paradoxe encourage l’importation des produits au dépend de la production locale, ainsi que le renforcement de l’informel qui pèse déjà sur notre économie et sa compétitivité », précise-t-on.

Outre l’arrêt des différentes usines et la mise au chômage de milliers d’employés, le FCE, lit-on dans le même document, avait souligné d’autres risques à savoir, l’augmentation de la facture d’importation, la pénurie des produits et son impact certain sur l’inflation et les prix ; ce qui commence à se manifester sur le marché grand public.

Pour remédier à cette situation, le FCE appelle à la suspension de la note de l’ABEF et la libération des autorisations d’importations des kits CKD/SKD. «  Et cela en attendant la mise en place d’un nouveau dispositif pertinent, mieux réfléchi, adapté à la situation de chaque activité et incitatif de manière différenciée en fonction des efforts de chaque entreprise dans le progrès d’amélioration du taux d’intégration », indique la même source.

 Massinissa Ikhlef 

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