Hirak béni et hirak réprimé, la contradiction d’un pouvoir finissant

Le Hirak est béni pour un chef d’État illégitime et le même hirak est réprimé chaque vendredi et chaque mardi par des forces policières dont la tutelle est le ministère de l’intérieur du gouvernement du même chef d’État. Une preuve du désordre et de la panique qui règnent dans les sphères d’un sérail complètement déstabilisé par le mouvement populaire qui vient de célébrer d’une manière magistrale son premier anniversaire à Kharrata.

Une situation inédite dans les annales des crises politiques qu’a subi notre pays depuis l’indépendance. Un pouvoir qui perd complètement le contrôle de la gestion de la Cité et qui est affaibli au point de ne pouvoir gouverner.

Les seuls procédés maîtrisés par ceux qui s’entêtent contre la volonté populaire sont la répression, l’emprisonnement arbitraire, la fermeture du champ médiatique et la manipulation de la justice.

L’annulation d’une décision présidentielle qui limogeait le directeur général des douanes dans la même journée renseigne sur l’échec cinglant de la supercherie électorale du 12 décembre 2019 et contredit ceux qui tentent de présenter ce simulacre comme un signe de la réussite de l’opération de recyclage du système.

D’un côté, un pouvoir agonisant emprisonné dans sa tour d’ivoire, incapable de gérer même les affaires courantes, qui prêche le froid et le chaud et qui ne cesse de brandir le spectre de la faillite économique mais qui ne donne aucun signe de la bonne volonté pour permettre au pays de se lancer dans un nouveau départ à travers une transition démocratique salvatrice pour la survie de l’Algérie en tant que nation.

De l’autre côté, un peuple déterminé et uni accompagné par une opposition démocratique qui a réussi à dépasser ses divergences idéologiques autour d’un compromis démocratique qui demeure, à mon sens, l’un des plus grand acquis de cette révolution en marche.

N’en déplaise aux partisans du statu quo qui veulent donner le pouvoir comme vainqueur, l’écart est assez flagrant entre les belligérants dans ce bras de fer.

La constance de la mobilisation populaire pendant une année et la détermination du peuple et de la classe politique qui l’accompagne à continuer le combat pacifique dans la même ferveur est une preuve tangible que cette révolution sera couronnée par un aboutissement certain vers un changement au profit de la volonté populaire.

Les constats improductifs des défaitistes et autres contre-révolutionnaires ne peuvent en aucun cas déformer la réalité d’un pouvoir aux abois et d’un peuple armé d’une extraordinaire conscience politique qui avance vers son  » Istiqlal ».

Les images de Kherrata, où le hirak a démontré qu’il n’est pas un feu de paille mais un mouvement qui s’inscrit dans la durée, et surtout la forte déclaration de la jeune étudiante de Tlemcen Nour El Houda Aggadi à sa sortie de prison sont amplement suffisantes pour y croire.

Moussa Nait Amara

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