Le club des magistrats dénonce la convocation du procureur Mohamed Belhadi

La convocation, hier, par le procureur de la République, près le tribunal de Sidi M’hamed, Mohamed Belhadi, par l’inspection générale du ministère de la justice fait réagir le club des magistrats.

Dans un communiqué rendu public, aujourd’hui, ce syndicat non encore agréé, dénonce une volonté de faire taire la voix de la liberté dans le secteur de la justice. Saluant « la plaidoirie historique du procureur », le club des magistrats estime que le geste de l’inspection général du ministre de la justice est « susceptible de perturber le processus devant instituer une justice indépendante ».

« Il (cet acte ndlr) constitue aussi une menace pour les magistrats intègres et une atteinte au principe de la Constitution. Il consacre aussi la dépendance du pouvoir judiciaire et l’emprise de l’exécutif qui affiche une volonté de faire peur aux juges tentés par le vent de la liberté », dénonce le syndicat.

Pour lui, la bataille que mène la nouvelle génération des juges est inspirée de la révolution populaire pacifique en cours depuis le 22 février dernier. « C’est une bataille pour la consécration de l’indépendance de la justice du ministère de tutelle et de toutes ses structures autoritaires qui craignent le mouvement des jeunes magistrats qui expriment librement leurs avis concernant les questions relatives à l’indépendance de la justice. Ces structures voient en ce mouvement une menace pour leur existence », lit-on dans le même document.

 Le club qualifie, aussi, cette convocation du procureur « de grave dérive », car plaider pour la relaxe des manifestants « n’est pas une faute professionnelle au sens de l’article 60 du statut des magistrats ».

« Ce qu’a fait Mohamed Belhadi n’est pas un précédent qui nécessite un interrogatoire au niveau de l’inspection générale du ministre de la justice », précise-t-on, dénonçant, au passage, « des dépassements dangereux et des pressions terribles exercées, ces derniers temps, sur les magistrats par le ministère de la justice ».

Le procureur Mohamed Belhadi avait surpris tout le monde, dimanche dernier, par son intervention à l’ouverture du procès d’une vingtaine de manifestants ouvert au tribunal de Sidi M’hamed.

« Les Algériens marchent résolument vers une nouvelle Algérie où la justice sera libre et indépendante. Ils scandent des slogans dans ce sens. C’est pourquoi, je prends mes responsabilités, en tant représentant du ministère public, et je refuse toutes les instructions et les injonctions venant d’en haut. En vertu du principe de l’indépendance de la justice, je demande l’application de la loi au profit de ces personnes. Le parquet demande l’acquittement », avait-il déclaré. C’est cette déclaration qui lui a valu une convocation de sa tutelle, qui ne s’est pas encore exprimée sur l’objet de celle-ci.              

Massinissa Ikhlef 

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