« Le parfum » et « la violence des enquêteurs » : La stratégie de défense de Kamel El Bouchi et du fils de Tebboune 

   

Le procès de l’affaire Kamel Chikhi, alias « el Bouchi » et fils du chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune s’est ouvert, aujourd’hui, au tribunal de Sidi M’hamed d’Alger. Après près de deux ans de détention dans une affaire de « trafic d’influence » et « d’avantage indus », les accusés, dont l’ancien P/APC de Ben Aknoun, le chauffeur de l’ex-DGSN, Abdelghani Hamel, deux anciens procureurs de la République et un fils de l’ex-wali de Relizane ont comparu devant le juge ce matin.

Ce procès a été marqué notamment par les réponses des principaux accusés, notamment Kamel El Bouchi et Khaled Tebboune, fils d’Abdelmadjid Tebboune. Ces deux derniers ont opté pour une stratégie de défense étrange.

Ils nient en bloc les faits qui leur sont reprochés, tout en accusant les enquêteurs de les avoir violentés. Premier à être interrogé, El Bouchi plaide d’emblée « non coupable ». Il accuse également les enquêteurs de l’avoir « violenté pour charger Khaled Tebboune », fils de l’ancien Premier ministre, devenu chef de l’Etat, suite à la présidentielle du 12 décembre dernier.

Selon lui, « Khaled Tebboune « n’est pas impliqué et il ne l’a pas aidé », mais, il « a été mêlé à cette affaire pour confondre son père, Abdelmadjid Tebboune », chassé du gouvernement, une année auparavant. Interrogé sur le contenu du sachet donné à Khaled Tebboune qui apparait dans les enregistrements de la caméra de surveillance présente dans son bureau, Kamel Chikhi affirme « qu’il s’agit seulement d’un parfum ».

La même version a été confirmée par le fils de l’actuel chef de l’Etat. « J’ai reçu un flacon de parfum de Kamel Chikhi qui revenait du Hadj. Je ne sais pas pourquoi je suis en prison. Je ne connais pas ces gens. On m’a accusé ‘’d’association de malfaiteur’’ avant d’annuler cette accusation », affirme-t-il, lorsqu’il a été interrogé sur sa relation avec le permis de construction obtenu par Kamel Chikhi pour entamer les travaux de sa promotion immobilière.

Le juge interroge aussi l’ancien procureur de la République, près le tribunal de Boudouaou (Boumerdes) sur ses rapports avec Kamel El Bouchi. Ce dernier affirme l’avoir connu « en tant que promoteur immobilier » et qu’il lui avait « demandé de blanchir son casier judiciaire ».

 Le chauffeur de l’ex-DGSN, Abdelghani Hamel, Djalal Eddine Lemhel, a été, quant à lui, interrogé sur les 70 millions de centime obtenus auprès de Kamel Chikhi. Ce dernier estime l’avoir connu depuis des années et que l’argent en question était un prêt, dont 50 millions ont été déjà remboursés. « Les enquêteurs m’ont violenté et m’ont posé des questions sur les enfants d’Abdelghani Hamel et leurs relations avec Kamel Chikhi », dit-il.

2 à 10 ans de prison requis

 Après avoir entendu tous les prévenus le juge a donné la parole au Procureur de la république pour faire son réquisitoire. Ce dernier a réclamé des peines d’emprisonnement allant de 2 à 10 ans de réclusion. Le parquet a ainsi requis 10 ans de prison ferme et 500 mille DA d’amende contre Kamel Chikhi et le président d’APC de Ben Aknoun, 8 ans de prison et 500 mille DA d’amende contre le fils de l’ancien wali de Relizane, Lemhal Djalal Eddine et 6 ans de prison ferme et 400 mille DA d’amende à l’encontre du chauffeur personnel de l’ex-DGSN Abdelghani Hamel.

Le procureur a en outre demandé une peine de 2 ans de prison contre Khaled Tebboune, et les anciens procureurs de la République près le tribunal de Boudouaou.

 Massinissa Ikhlef

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