Pandémie, arbitraire et diversion

Quoi de plus dur pour le peuple algérien que d’être livré à une pandémie qui ravage un monde beaucoup plus développé et plus équipé en moyens médicaux que notre pays?

Devant une situation de démission avérée d’un État des plus fragiles et d’un pouvoir sans état d’âme pour se maintenir coûte que coûte, l’Algérien n’a d’autres solutions que de faire appel à son génie propre qu’il ne cesse de prouver depuis le 22 février 2019, en menant une révolution inédite dans son pacifisme et sa créativité.

Il y a une sorte de consensus qui se dégage sur le fait que la médiocrité et les limites de cette caste au pouvoir sont totalement mises à nu par cette crise sanitaire qui n’en est pourtant qu’à son début.

Pire encore, les institutions sécuritaires dont la vocation constitutionnelle est celle de protéger le citoyen et de l’accompagner avec des plans d’urgences, se sont transformées en véritables milices au service d’un pouvoir de fait. En pleine pandémie, des éléments des services de sécurité mènent une véritable chasse aux militants et autres activistes.

Convocations, intimidations et instrumentalisation abjecte de la justice…Tout est permis dans une guerre sale contre un Hirak qui a pris de la hauteur en décidant de geler toute action de rue qui puisse porter atteinte à la santé des Algériens.

Le summum de cette descente aux enfers du pouvoir est le honteux procès/scandale subi par le militant politique Karim Tabbou.

Dans cette volonté d’instaurer un climat de terreur qui appelle à plus de solidarité et de sens de responsabilité, des « plumes intellectuelles » complètement en déphasage avec les nouvelles mutations sociologiques et politiques de la société algérienne, montent au créneau pour nous livrer, malheureusement, des contributions/diversions qui ne servent qu’à alimenter les divisions alors que notre peuple a besoin plus que jamais de sérénité et de toutes les solidarités agissantes.

Il ne s’agit pas d’ordonner à ceux qui font de la politique de se taire mais sans aucun doute, ce n’est pas le débat des idéologies qui va contribuer pour assurer au plus grand nombre, dans cette période critique, le droit élémentaire de rester en vie pour mieux construire un État de droit où toute idée aura à s’exprimer librement.

Il serait plus rentable de concentrer les réflexions sur les meilleurs moyens de sensibiliser contre cette pandémie qui ne fait que commencer et qui risque de faucher des centaines de milliers d’Algériens pour ne pas être alarmiste.

Tenter d’amplifier l’angoisse des citoyens, en cette conjoncture difficile, à travers une invitation « aux années quatre-vingt-dix » ne saurait relever que d’une guerre psychologique contre son propre peuple.
Ceux qui vivent encore dans cette époque par naïveté ne sont pas nombreux mais ils doivent se rendre à l’évidence et savoir que la révolution du sourire de 2019 est éminemment démocratique. Quant à ceux qui, par calculs, polluent encore les débats avec cette décennie rouge, ils devraient savoir que la jeunesse d’aujourd’hui est trop mature et consciente pour la duper en brandissant un spectre révolu. Cela ne dispense pas le pays d’un débat mémoriel fait de vérité et justice pour que les proches des victimes fassent le deuil. Ce débat suppose liberté et démocratie.
Contrairement au Coronavirus, l’antidote au virus intégriste et idéologiste a été découvert et validé par la révolution du 22 février et tout le peuple algérien est vacciné contre cette peste.

La coïncidence de ces sorties médiatiques avec les réunions tenues entre le pouvoir de fait et quelques-uns de ses satellites du temps du parti unique dans certains quartiers de l’algérois, ne renseigne-t-elle pas sur une sorte de coordination ou d’assignation de tâches?

Le temps nous le dira, si nous serons vivants après cette pandémie.
Pour notre part nous préférons la retenue, même si l’ordre du jour de ces réunions est en parfaite symbiose avec ces « diversions intellectuelles ».

Moussa Nait Amara.

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