Procès en appel des hauts responsables : Abdelmalek Sellal réclame Abdelaziz Bouteflika à la barre

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L’ancien premier ministre, Abdelmalek Sellal, en détention, demande au juge près la Cour d’Alger d’interroger le président déchu, Abdelaziz Bouteflika en sa qualité de premier responsable. C’était, aujourd’hui, à l’ouverture du procès en appel des anciens hauts responsables et des hommes d’affaires, ouvert, ce matin, à la Cour d’Alger.

Interrogé juste après Ahmed Ouyahia, Abdelmalek Sellal rejette toutes les accusations retenues contre lui. « Je ne suis pas responsable. Mon rôle en tant que premier ministre est de coordonner l’action du gouvernement pour la bonne exécution du programme du président de la République. Chaque ministre a ses prérogatives. Le principal responsable est le président Bouteflika. Il faut l’interroger », demande-t-il.

Poursuivant ses réponses aux questions du juge sur la campagne électorale, il nie aussi sa responsabilité dans le financement de cette dernière. « Je n’avais aucun rapport avec l’argent de la campagne. J’étais tranquille chez moi pendant deux ans. On m’a fait appel pour me retirer ensuite le tapis sous les pieds », dit-il.

 Faisant rire la salle à plusieurs fois par ses réponses spontanées, l’ancien premier ministre a également versé des larmes lorsqu’il a évoqué le cas de son fils, en détention avec lui. « J’ai pleuré le jour où on nous a conduits tous les deux menottés à la prison. Mon fils a fait ses études en Angleterre. C’est moi qui l’ai convaincu de rentrer au pays pour travailler ici. Nous ne sommes pas dans le besoin », ajoute-t-il, en défendant aussi le fils d’Abdelmadjid Tebboune, sans le citer.

Ouyahia : « J’ai oublié de déclarer les 30 milliards »

 Premier à être appelé à la barre, Ahmed Ouyahia rejette, lui aussi, en bloc toutes les accusations dans le dossier relatif au montage des véhicules. « Je suis nommé quatre fois comme chef du Gouvernement, je connais très bien la mission d’appliquer le programme du président et les intérêts supérieurs de mon pays. On m’a accusé d’avoir établi par népotisme une liste de personnes pour le montage de véhicules, alors que j’ai juste veillé sur les intérêts de mon pays », lance-t-il.

L’ancien responsable du gouvernement récuse aussi les « faits de corruption ». « A propos de dilapidations de deniers publics, je n’ai signé aucun contrat. On m’a accusé  de corruption, qu’on me donne le nom de cet homme qui m’a corrompu, je sors de chez moi sous la garde, je rentre à mon bureau sous la garde, je me demande quand et qui m’a corrompu », dit-il.

 Revenant sur l’accusation de fausses déclarations, Ahmed Ouyahia nie aussi ce chef d’inculpation. « Je n’ai pas fait de fausses déclarations, la preuve, c’est que j’ai fait des dépôts d’argent dans une banque publique. Mon épouse ne possède rien. J’ai juste oublié de déclarer les 30 milliards retrouvés dans un de mes comptes. Au sujet des entreprises de mes enfants, j’en ai informé le président par loyauté et du fait de notre relation quotidienne. J’ai juste oublié de déclarer les 30 milliards. Je n’ai pas fait de fausses déclarations», explique-t-il.

Interrogé au sujet de la dépossession d’Achaibou et Cevital des marques de KIA et Hyundai, Ouyahia défend le gouvernement de toute responsabilité, expliquant que « ce sont les Coréens qui ont attribué la marque KIA à Larbaoui, Hyundai est reprise par Tahkout sur décision des coréens ». « Le gouvernement n’a rien à voir dans ces affaires », explique-t-il.

D’autres accusés, à l’image de Youcef Yousfi, chargent l’ancien ministre de l’industrie, Abdesslam Bouchouareb, actuellement en fuite.  

 Massinissa Ikhlef 

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