RSF accuse : Alger profite du Coronavirus pour régler ses comptes avec le journalisme indépendant

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L’ONG, Reporters sans frontières (RSF) tire la sonnette d’alarme. Le journalisme indépendant est sérieusement menacé en Algérie. L’incarcération, depuis avant-hier, de Khaled Drarni, dont le seul crime est d’avoir fait son travail en assurant la couverture d’une marche, en est la preuve.

Pour l’organisation, le pouvoir en place en Algérie veut profiter du coronavirus pour régler ses comptes avec la presse indépendante et les journalistes libres. « Alors que l’épidémie de Coronavirus menace le monde en général et l’Algérie en particulier, la justice algérienne n’a eu rien de mieux à faire que d’incarcérer notre confrère, collègue et ami, le 29 mars, en application d’un mandat de dépôt délivré quelques jours plutôt. Cette détention provisoire survient après sa mise en examen pour “incitation à attroupement non armé et atteinte à l’unité nationale”, le 10 mars », souligne RSF dans un communiqué rendu public.

Pour l’ONG, « l’acharnement contre Khaled est une menace contre les derniers médias libres en Algérie ». « Les détenteurs du pouvoir à Alger, qui tirent les ficelles de la justice, ne se rendent manifestement pas compte que le monde et plus encore la société algérienne ont changé. Les autorités algériennes font preuve d’un mépris stupéfiant des libertés, en incarcérant un journaliste qui ne fait que son métier dans des conditions déplorables, et de surcroît, en pleine épidémie », condamne encore l’organisation.

Revenant longuement sur l’incarcération de Khaled Drarni, RSF précise que le « Covid-19 semble être considéré par un régime autoritaire réticent au pluralisme comme une aubaine ». « Les autorités algériennes profitent de la vacuité des rues pour remplir les prisons, ce qui relève d’un cynisme étrange. Dans cette période de crise sanitaire, où le rôle des journalistes est primordial dans la lutte contre la désinformation, cette incarcération est une atteinte aux droits fondamentaux doublée d’une mise en danger. Nous craignons pour la sécurité physique de Khaled », ajoute la même source.

L’ONG n’a pas manqué de rappeler les violations de la loi fondamentale du pays qui a dépénalisé, depuis 2016, les délits de presse avant d’interpeler le président Abdelmadjid Tebboune. « Nous nous adressons à vous en tant que garant du respect et de la mise en œuvre de la Constitution et des obligations internationales de votre pays. Nous vous appelons à intervenir immédiatement pour qu’il soit mis fin à des poursuites abusives, attentatoires à la liberté de la presse », demande RSF.

Massinissa Ikhlef

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