Décès de la jeune poétesse Samia Allad : Une battante tire sa révérence

Triste nouvelle pour la culture amazighe. La jeune poétesse Samia Allad vient de tirer sa révérence, après toute une vie de souffrances engendrées par une myopathie contractée dans sa prime jeunesse et qui l’a contrainte à vivre dans la douleur jusqu’à ce départ subit, à la fleur de l’âge.

Originaire du village d’Ath Lahcène, elle voit le jour en juin 1981 à Illoula Oumalou, dans la daïra de Bouzeguène. Vers l’âge de 5 ans, les premiers signes de la maladie commencent à se faire sentir. C’est pour la petite fille, le début d’un long calvaire, fait d’allers et retours entre l’Algérie et la France pour de longs séjours hospitaliers.

La jeune fille qui a été contrainte de quitter les bancs de l’école en 5e, et désormais clouée sur un fauteuil roulant, revient dans son village natal.

Prise d’une soif de savoir sans pareille, elle s’instruira seule en lisant beaucoup et en suivant assidûment les cours proposés sur la chaîne de télévision Berbère TV par le regretté Nour Ould-Amara, disparu en 2011.

Pour la jeune fille, cette fenêtre ouverte sur la connaissance va lui permettre de lire, mais aussi d’écrire…de la poésie en tamazight. «Le recul, l’immobilité, la maladie, le dénuement ont commencé à aiguiser en moi l’envie d’extérioriser ma souffrance par l’écriture. Dans un premier temps, je le faisais oralement, puis j’ai décidé d’écrire. Je transcrivais, au jour le jour, tout ce qui me venait à la tête. Je les transformais, je les enrichissais et introduisais des tournures pour les rendre compréhensibles et attractifs. Et puis, un jour, on me dit, pourquoi ne pas les publier dans un livre. Et c’est là que me vint l’idée de faire un recueil de mes poèmes», confiera-t-elle un jour à un confrère.

La jeune poétesse publiera deux recueils de poésie, des ouvrages où elle a laissé s’exprimer sa fibre sensible, partageant avec ses lecteurs et admirateurs ses peurs, ses angoisses et ses combats contre la maladie mais aussi ses rêves et ses espoirs en des lendemains meilleurs, faits de paix et loin de toute douleur.

« Ad d-inigh » et « Cqarrwegh-kem », parus aux éditions Ccix Muhend Ulhusin demeurent des ouvrages atemporels que chacun peut lire pour un moment d’évasion mais aussi pour se voir insuffler un peu de cette force qui animait la jeune Samia Allad pour vaincre l’adversité.

Kahina A.

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