Un « Bendir » Dans un Orchestre Universel pour un Chant Funèbre

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La crise sanitaire mondiale induite par la pandémie du CoViD 19 met à nu les défaillances et les limites d’un ordre mondial basé sur la «Realpolitik ».

La course effrénée vers la(les) suprématie(s) militaire ou/et économique faisant croire que le développement technologique à lui seul parviendra à assurer l’épanouissement total des sociétés s’avère un vrai traquenard . Les laboratoires High Tech, l’aisance économique et la force militaire ne sont hélas qu’un éphémère espoir d’une vie meilleure miroitée par les fous qui gouvernent ce monde.

La réalité rattrape le monde . Sans un système éducatif qui associe savoir et valeurs, sans une économie qui associe efficacité et social, sans une politique sanitaire qui associe recherches, technologie et santé de masse et sans une urbanisation qui associe modernité ,sciences psycho-sociales et plans d’interventions sécuritaires et sanitaires , le développement ne serait qu’une vue d’esprit qu’une crise de quelque nature qu’elle soit réduira en un vœu pieu . La preuve en est là au jour d’aujourd’hui.

Au-delà de cela, cette crise a montré les différentes natures des systèmes et des fous qui nous gouvernent: De l’hypocrisie et des cachoteries du régime de Pékin au populisme de Macron, de la suffisance de Donald Trump à la légèreté déconcertante du « Prime minister »,Boris Johnson en passant par l’ éveil tardif et intéressé de « notre indu sous-chef », des dizaines de milliers de vies humaines sont emportées par la faucheuse et le glas se promeut au rang de chef d’orchestre funèbre universel.

Dans ce funeste orchestre chacun est muni de ses instruments .Qui pour arranger ses fausses notes et qui pour jouer aux stars. Le pouvoir de fait en Algérie, quant à lui, préfère se munir de son « bendir »: un instrument de percussion traditionnel étrange et étranger à un orchestre universel. Jouer au « bendir » consiste à taper des deux mains sur une peau tendue sur un support rond. Autre fois, cet instrument est utilisé comme support publicitaire pour l’annonce des décisions du chef dans les villages. Tout l’art d’ y jouer consiste à faire entendre un son d’une main pendant que l’autre main en étouffe un autre . Le seul art que maitrise nos imposés commandeurs. Le rythme macabre en rajoute à la tragédie « ambiante ».

Une seule voix a le droit d’être entendue .Celle d’un pouvoir en mal de légitimité. Sourds devant le cri du peuple qui les somme de quitter le gouvernail et insensibles à la détresse des algériens, les fous d’Alger trouvent dans la tragédie une aubaine et le bendir percute sur deux airs. « Nous maîtrisons la situation » et « Malheur à celui qui nous critique » sont les seuls airs de la main du percussionniste qui répondent au glas à chaque passage d’un maigre cortège funèbre, seule source fiable du bilan macabre de la pandémie.
La main étouffante est cependant plus occupée. Telle celle d’un sorcier ou d’un monstre dans un film d’horreur, elle multiplie doigts et phalanges pour torpiller, s’approprier et capitaliser toutes les initiatives citoyennes hautes de conscience et celles des élus de l’opposition démocratique. Elle travestit l’élan citoyen de solidarité en en faisant un « carnaval national de solidarité des militaires et assimilés ».

La main horrible, via ses phalanges, oublie le cuir le temps des yeux retournés des » spectateurs « pour taper à la poche des citoyens et pire pour taper fort sur les têtes des opposants politiques et des animateurs du mouvement révolutionnaire du 22 février . Elle tapote sur les gallons des services et sur les épaulettes des robes de l’injustice pour régler le compte au hirak, pour punir Tabou, Fersaoui et d’autres, pour menacer et semer la peur . Elle transforme le confinement sanitaire, que le civisme de la majorité des algériens s’est imposé, en opportunité de contrôle de la rue. Elle chatouille les mouches électroniques leur rappelant leur sale raison d’être et leur montre les cibles les plus indiquées.

Ainsi, des secrétaires nationaux, des cadres et des militants du RCD sont stigmatisés et jetés à la vindicte des sbires de la cour, des journalistes jetés en prisons sont présentés comme des délinquants et les hommes d’affaires et les sportifs venus généreusement à l’aide de leurs concitoyens sont labellisés de régionalistes voire de séparatistes .

Le bendir chauffe et crée une « infodémie officielle » pour camoufler un bruit de bottes au palais. La chaleur des mois de mai et juin verra le coronavirus vaincu et crèvera la peau du bendir .

Les peuples du monde savent dorénavant ce qu’ils doivent faire. Les gouvernants savent aussi que rien ne sera comme avant. Le pouvoir de fait en Algérie se fera signifié la tombée des rideaux de son carnaval au bendir et le peuple se réappropriera et la rue et son combat pour une république civile, démocratique , sociale et progressiste .

Kamel Aidli

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