L’Algérien entre une crise sanitaire, un déficit alimentaire et un jacobinisme suicidaire

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Le COVID-19 qui prend sa vitesse de croisière à partir de cette semaine, a mis à nu un pouvoir qui n’a jamais pensé à un minimum de prévention et qui n’a jamais fait preuve d’imagination pour projeter le pays au moins dans un avenir proche. Gérer un État au jour le jour est le summum du bricolage. Même les pouvoirs les plus dictatoriaux à la tête des pays les plus pauvres n’ont pas atteint ce niveau de médiocrité dans la gestion des affaires de la cité.

Le citoyen algérien se retrouve à affronter seul une pandémie dont l’unique moyen de prévention est le confinement, vu la situation catastrophique du secteur de la santé, couplé à une dépendance alimentaire due à la politique de l’import/import largement promue par un pouvoir mafieux qui gère un pays comme un épicier amateur de la spéculation.

La bousculade pour un sac de semoule que certains tentent de caricaturer pour stigmatiser le citoyen est la conséquence directe de la politique de la non-économie. Ce pouvoir n’a jamais eu de politique économique pour parler d’échec. Le dilemme est bien réel : se confiner ou sortir pour acheter de la semoule, du pain ou des légumes ? La majorité des foyers algériens n’ont pas les moyens financiers suffisants pour s’assurer une alimentation d’une semaine. Heureusement que la solidarité citoyenne rend la solution du confinement possible, en dehors de toute intervention de l’État.

La faillite de ce système scandée par le peuple pendant plus d’une année d’insurrection citoyenne est aujourd’hui confirmée par cette crise multidimensionnelle. Cette caste d’affairistes doit tomber le plus tôt possible pour permettre à ce peuple de construire un État digne de son intelligence. L’auto-organisation qui s’affiche, tant bien que mal, à travers tout le territoire national est une preuve tangible que le peuple dépasse de loin les tenants du pouvoir et dans son patriotisme et dans sa capacité de se solidariser et de s’organiser.

La gestion de la communication concernant la propagation du virus a démontré les limites d’un système jacobin qui résiste à toute initiative régionale et locale. L’interdiction aux DSP de communiquer est un exemple édifiant de ce jacobinisme à outrance qui tue toute créativité et toute liberté d’agir et d’entreprendre.

L’après COVID-19 sera certainement caractérisé par un retour en force du Hirak pour accélérer le départ de ce système et construire une Algérie libre, démocratique et plurielle où les régions auront plus de prérogatives dans le cadre d’une régionalisation modulable qui va permettre aux citoyens de participer directement à la gestion de leur quotidien.

Moussa Nait Amara

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