Le 20 avril est pour la démocratie ce qu’est le 1er novembre pour l’indépendance.

Cette année, nous commémorons le printemps berbère dans des conditions particulières imposées par une pandémie qui pourrait projeter le monde entier dans une autre configuration politique et économique et qui va bouleverser les rapports de force pour un nouvel ordre mondial. L’après-pandémie accouchera certainement d’un monde recomposé.

Quel sera notre rôle en tant qu’Algériens et Nord-africains dans cette nouvelle donne?

En Algérie, la gestion de cette crise sanitaire a dévoilé, au-delà de la faillite de notre politique sanitaire, le côté inhumain et diabolique du pouvoir en place qui n’a pas pu résister à son arrogance puisque il a profité du confinement pour amplifier les intimidations, les arrestations et les atteintes à la liberté d’expression.

La révolution du sourire, qui a porté haut l’emblème Amazigh, malgré la honteuse interdiction arbitraire proclamée par l’ex-chef de l’état-major, et qui a permis aux femmes et aux hommes d’assumer leur rôle de citoyens dans l’égalité parfaite sur le terrain, reprendra certainement avec force et abnégation après la pandémie.

Ces deux aspects apparents que nous ne cesserons jamais de rappeler ont fait de l’insurrection du 22 février une révolution démocratique qui s’inscrit dans la continuité de celle du printemps berbère.

N’en déplaise à ceux qui se précipitent à annoncer son échec et surtout à lui donner un faux visage islamiste, la révolution du sourire a reproduit par excellence les revendications démocratiques d’Avril 1980.

Elle a réussi à les propager sur tout le territoire national. Le slogan « bravo les kabyles, l’Algérie est fière de vous » qui a retenti à travers toutes les villes algériennes est la preuve de cette reconnaissance du printemps berbère comme référence par excellence du combat démocratique.

Désormais, il est clair que le 20 avril 1980 est pour la démocratie ce qu’est le 1er novembre 1954 pour l’indépendance nationale.

Au niveau du peuple, les principes du printemps berbère sont clairement et majoritairement adoptés. Par contre, au niveau du régime qui refuse de se réformer, le déni identitaire continue malgré une reconnaissance de façade du fait Amazigh. La dernière interdiction du journal Tighremt, sous prétexte du caractère de transcription, en est la preuve irréfutable.

La reprise du hirak après la pandémie se fera certainement avec plus de détermination, mais la recomposition politique à l’échelle planétaire devrait nous inciter à revoir à la hausse nos aspirations. Elle devrait nous motiver à penser à l’intérieur du hirak à asseoir une stratégie qui permettrait à notre mouvement de se projeter dans une construction géopolitique, dans le cadre des nouvelles mutations mondiales. Il serait plus judicieux et efficace de commencer à penser l’Afrique du Nord, maintenant que l’identité commune est retrouvée par les peuples et assumée en Algérie, au Maroc, en Libye et même en Tunisie.

Il serait opportun de fédérer les énergies des peuples, des sociétés civiles et des oppositions politiques pour asseoir une Afrique du Nord démocratique et plurielle, construite sur de larges prérogatives pour les régions. C’est ce que j’appellerais: régionaliser pour mieux fédérer.

Le printemps berbère est aussi Nord-africain.

Moussa Nait amara

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