Les arrières pensées d’un déconfinement déguisé

L’allégement du couvre feu et la levée de l’interdiction sur l’ouverture des commerces et des activités secondaires telles que les magasins des ustensiles de cuisine, des pâtisseries traditionnelles et de l’habillement prouve encore une fois l’irresponsabilité de ce gouvernement illégitime.

Pourquoi donc cette décision populiste qui n’apporte rien de nécessaire au quotidien du citoyen en dehors de déguster un morceau de « Qleb el louz » ou de doter sa cuisine d’une nouvelle série de fourchettes ?

Le gouvernement n’est-il pas en train de faire porter aux citoyens la responsabilité d’une situation qui lui échappe complètement ?

Au-delà des aspects apparents de cette aventure d’un déconfinement qui ne dit pas son nom et qui renseigne sur l’échec total d’un gouvernement imposé à la volonté populaire, il y a, à mon avis, des arrières pensées des plus graves derrière ces agissements infantiles.

Primo, il est clair, désormais, que l’État ne possède ni la volonté politique ni les moyens nécessaires pour couvrir financièrement, au moins une partie, des retombées d’un confinement rigoureux sur les recettes des petits commerçants, des professions libérales et les honoraires des journaliers. Du coup, il lève l’interdiction d’ouverture pour se dégager de toute responsabilité et en faire du confinement un acte volontaire. Une belle manière de mettre fin au caractère social qui a toujours existé au moins dans la façade populiste de l’État algérien.

Voilà donc un aveu d’un échec total de toutes « les politiques économiques » adoptées depuis l’indépendance.

Secundo, cet allègement, qui provoquera certainement un relâchement spontané des citoyens, n’est-il pas une manière de contrarier le confinement total réussi dans tous ses aspects par l’auto-organisation au niveau des villages, particulièrement en Kabylie ?

L’exemple du détournement d’un chargement de semoule par la gendarmerie, dénoncé par le maire de Timizart ainsi que certaines informations qui relatent des pressions sur les donateurs et les bienfaiteurs, qui agissent dans le cadre d’une solidarité citoyenne, pour les contraindre à passer par les walis, nous accordent, malheureusement, le droit de s’interroger sur la volonté du gouvernement de contrarier cette auto-organisation qui n’est autre qu’un prolongement de l’esprit du hirak.

Aveuglé par son instinct de survie, le pouvoir du fait accompli ne retient, décidément, aucune leçon. Il agit encore une fois à contre-courant de l’histoire et se dresse fermement et d’une manière diabolique contre la conscience citoyenne qui avance avec sérénité vers une Algérie libre, démocratique et plurielle.

Moussa Nait Amara

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