Accusation de Tebboune contre Khaled Drareni : le collectif de la défense dénonce « une intervention dans le travail du juge »

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Le collectif des avocats du journaliste Khaled Drareni, en détention depuis plusieurs semaines, n’ont pas tardé pour répondre au chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune qui l’avait accusé « presque d’intelligence avec des parties étrangères ».

« Nous, collectif de défense du journaliste libre, Khaled Drareni, tenons à apporter les précisions suivantes à l’opinion publique suite aux sorties médiatiques récurrentes du pouvoir exécutif à travers la télévision publique concernant les journalistes en détention », lit-on dans un communiqué de la défense du journaliste, rendu public aujourd’hui. Les avocats rappellent d’abord certains faits en rapport avec la propagande officielle visant à justifier l’incarcération des journalistes.

« D’abord, il y a eu la sortie des magistrats du parquet général sur les journalistes sans que la défense n’ait un droit de réponse. Il y a eu ensuite la sortie du ministre de la communication, Amar Belhimer qui a qualifié les journalistes détenus de professionnels de la subversion menaçant l’intérêt national. Hier vendredi, c’est le premier responsable du pouvoir exécutif et président du conseil supérieur de la magistrature, M. Abdelamdjid Tebboune qui a fait une sortie médiatique basée sur des informations erronées en ce qui concerne le dossier de notre client », indique la même source.

Selon le communiqué, « Khaled Drareni n’a pas été poursuivi par le parquet de Sidi M’hamed pour intelligence ou pour une autre accusation semblable à celle-ci ». « Même les fait pour lesquels il est poursuivi n’ont rien à voir avec cela. Ces déclarations et ces récurrentes sorties médiatiques constituent une véritable atteinte aux principes garanties par la constitution, dont la présomption d’innocence et la séparation des pouvoirs. Elles constituent également une pression sur les juges et touche au secret de l’instruction », dénonce la même source.

Les déclarations de ces responsables occupant de hautes fonctions au sein de l’Etat qui ont la qualité de ministre et de président de la république sur des dossiers traités par les magistrats constituent une intervention directe dans le travail des juges qu’interdit l’article 147 du code pénal, jugent les avocats de Drareni.

Ce faisant, le collectif de la défense appelle « tous les nobles et fidèles à ce pays, à la veille de la journée mondiale de la liberté de la presse du 3 mai à appeler à mettre fin à ces pratiques qui ne servent pas l’avenir de la presse en Algérie et qui nuisent à l’image et l’avenir du pays ».

Massinissa Ikhlef

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