Augmentation des prix du carburant, fortes taxes sur les véhicules : les mesures antisociales de la LFC 2020

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

 

Signalée en une phrase dans le communiqué du dernier conseil des ministres, la surprise vient d’être dévoilée. La loi de finances complémentaire (LFC 2020) contient de nombreuses mesures antisociales, dont certaines auront de lourdes conséquences sur le pouvoir d’achat des algériens.

En effet, la « joie » suscitée par l’augmentation du SNMG et la suppression de l’IRG pour les salaires de moine de 30 000 DA a été d’une courte durée. Le maigre pécule pouvant être gagné par les salariés risque d’être englouti.

Et pour cause, le projet de loi de finances complémentaires (LFC 2020), envoyé à l’APN pour examen et adoption, prévoit une forte hausse des prix du carburant. «Il est institué au profit du budget de l’Etat, une taxe sur les produits pétroliers ou assimilés, importés ou obtenus en Algérie, notamment en usine exercée », lit-on dans l’article 28 de la LFC.

Selon le texte, la TPP constitue un outil efficace de réajustement des prix des carburants en fonction des impacts socio-économiques et budgétaires attendus. « A cet effet, il est proposé, pour l’année 2020, une augmentation des tarifs de la TPP à raison +3 DA/L pour les trois catégories d’essence et +5 DA/L pour le Gasoil », lit-on dans ce texte.

Ainsi, le prix de l’essence devra passer de 42 Da actuellement à 45 DA/litre et le gasoil passer à plus de 25 DA/litre. « Cette augmentation des tarifs de la TPP générerait des recettes budgétaires supplémentaires, au titre de la période juin-décembre 2020, estimées à 41,5 milliards DA en matière de TPP. S’agissant des recettes budgétaires additionnelles en matière de TVA, elles sont estimées à 7,9 Milliards DA », estime le gouvernement.

Quelle conséquence sur les transports ?

Afin de justifier cette énième augmentation des prix du carburant, le gouvernement avance l’argument de la hausse de la consommation de ces produits avant d’avancer une comparaison des prix avec ceux pratiqués à l’étranger et la chute des prix du pétrole.

« Compte tenu du prix bas et réglementé des carburants, leur consommation n’a pas cessé de s’accroître d’une année sur l’autre, induisant ainsi une surconsommation énergétique en expansion alors qu’une part non négligeable de la consommation additionnelle est importée en devises. La consommation des carburants (essences et gasoil) en 2019 est chiffrée à 14,41 millions de tonnes », précise le texte.

Comparativement aux prix appliqués à l’international, l’Algérie, ajoute la même source, « est classée parmi les pays pétroliers qui pratiquent des tarifs de carburants les plus bas, et ce nonobstant les réajustements de prix introduits en 2016, 2017 et 2018».

Cette nouvelle augmentation ne sera pas sans conséquences sur le pouvoir d’achat des Algériens. Les transports des voyageurs et des marchandises devront coûter encore plus chère et c’est toujours le simple citoyen qui devra assumer cette hausse.

L’autre mesure impopulaire et incompréhensible est celle concernant la forte augmentation de la taxe sur les véhicules neufs. La LFC 2020 propose de fortes taxes sur les véhicules de tourisme neufs importés ou fabriqués en Algérie. Ces taxes varient de 100.000 DA pour une voiture de tourisme dont la cylindrée n’excède pas 800 cm3 (0.8 L) à 2.000.000 DA pour un véhicule de tourisme dont la cylindrée est supérieure à 2500 cm3 (2.5 L).

 « Ces augmentations ont pour objet de renforcer les ressources de financement destinées au soutien des tarifs des transports publics (métro, tramway, bus, ….) Par l’intermédiaire du fonds spécial pour le développement des transports publics ».

Massinissa Ikhlef

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

%d blogueurs aiment cette page :