Décès d’Idir dans un hôpital parisien : Adieu l’artiste et merci

 

Aujourd’hui, nous sommes tristes. Idir, l’une des légendes de la chanson kabyle vient de tirer sa révérence.

La nouvelle est tombée hier, tel un couperet, laissant ses très nombreux admirateurs dans un grand désarroi. Malade depuis plusieurs mois, il donnait régulièrement de ses nouvelles, pour rassurer son public sur son état de santé. Malheureusement, Idir a perdu hier, à 21h30 son ultime combat contre la maladie qui l’a emporté à l’âge de 70 ans.

Aujourd’hui, nous sommes tristes. Sur les réseaux sociaux, les hommages se multiplient à l’infini depuis hier. Messages de condoléances, photos d’archives, chansons anciennes et nouvelles, puisées dans son riche répertoire viennent rappeler combien cet homme de grande stature a donné à la chanson kabyle et à la culture algérienne. De son lointain exil, il a défendu l’identité amazighe mieux que quiconque et son patrimoine a toujours été mis en avant, valorisé, glorifié.

Né au village d’Ath Lahcene, dans la commune d’Ath Yenni le 25 octobre 1949, Idir -Hamid Cheriet de son vrai nom- a toujours baigné dans un environnement où la culture orale et l’identité berbère tenaient une place prépondérante. Sa grand-mère et sa mère étaient poétesses et c’est auprès d’elles qu’il s’imprégnera des mots qui forgeront plus tard son verbe.

Il raconte qu’« on venait de loin pour les écouter. J’ai baigné dans l’atmosphère magique des veillées où l’on racontait des contes et des énigmes. Dans une société de culture orale, la valeur du mot est immense. La capacité à ciseler les mots, à inventer des images, est aujourd’hui encore très prisée chez nous ».

Après des études de géologie et alors qu’il se destinait à une carrière dans l’industrie pétrolière, il bifurque vers la musique par hasard, en remplaçant la chanteuse Nouara qui devait interpréter sur les ondes de Radio Alger une berceuse qu’il lui avait composée. C’est le début d’une longue et riche carrière musicale qui va durer près d’un demi-siècle.

Durant tout ce temps, il aura bercé de sa voix douce et de ses mélodies suaves, des générations et des générations, tous âges confondus. Et même ceux qui ne comprenaient pas ses textes car ne maîtrisant pas la langue savaient l’apprécier, tant il parvenait à susciter en chacun des émotions aussi profondes qu’indicibles.

Installé à Paris depuis 1975, il y a tracé son long chemin artistique, toujours à l’ombre de sa culture originelle. De « Vava Inouva », succès planétaire datant de 1977, à « Ici et ailleurs » sorti en 2017, quarante années se sont écoulées, au cours desquelles, il a également produit d’autres albums (Ay arrac- nnegh, Les chasseurs de lumière, Identités, Deux rives, un rêve, Entre scènes et terre, La France des couleurs, Adrar-Inu) qui ont fait danser, chanter et pleurer des millions de fans des deux côtés de la Méditerranée et à travers le monde.

Après des dizaines et des dizaines de concerts donnés sur les plus prestigieuses scènes du monde, le 4 janvier 2018, Idir est enfin à Alger pour un concert exceptionnel donné à la coupole. Un moment fort de communion avec un public qui l’aura fidèlement attendu pendant 38 ans.

Adieu l’Artiste et merci pour tout.

Kahina A.

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