Déconnecté de la réalité, le pouvoir de fait court derrière un mirage

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L’Algérie sombre dans la politique liberticide. Les droits humains privés et collectifs sont de plus en plus passés à la moulinette. La presse libre subit des pressions jamais osées partout dans le monde depuis la chute du mur de Berlin. Face à une vague de contestation populaire inédite et aux portes d’une grave crise économique induite par le ralentissement des activités en ces temps de pandémie et les chutes drastiques des cours de pétrole, le régime s’investit exclusivement dans la recherche de sa propre planche de salut. Et pour ça, il gesticule frénétiquement dans tous les sens.

Depuis l’installation du nouveau chef de l’Etat, imposé par l’état-major de l’armée aux Algériens à la fin de l’année dernière, les atteintes aux droits de l’homme vont crescendo. Des activistes qui osent émettre la moindre critique à la politique de pacification du régime sont systématiquement convoqués, jugés au pied levé et jetés dans les cachots. La presse électronique libre perd de plus en plus ses espaces. Plusieurs sites d’information qui ont osé une liberté de ton et fait montre d’un professionnalisme certain et avéré sont bloqués. D’autres attendent la chute de l’épée de Damoclès sur leurs têtes.

 Depuis le 12 décembre, le pouvoir de fait s’est foncièrement mis à l’ouvrage pour sangler le peuple dans une camisole de force dans l’espoir de reprendre seul et sans partage, comme au bon vieux temps, le contrôle du bateau qui chavire. Un gros et grotesque projet totalitaire est mis en branle sous un générique qui en dit long : « L’Algérie nouvelle ».

En veillant à mettre toute voix discordante, qu’elle soit politique ou médiatique, sous étouffoir, le pouvoir de fait se déploie énergiquement pour placer sa vitrine civile sous un meilleur jour. Ainsi, un avant-projet de révision constitutionnelle qui renforce de façon hideuse le pouvoir présidentiel et qui mine la cohésion de la communauté nationale en voulant interdire à Tamazight toute possibilité de sortie des classes du second collège, est soumis bruyamment à un semblant de débat au sein d’une  agora de laudateurs et clients fidèles du régime où la présence de quelques voix discordantes, invitées d’ailleurs avec parcimonie, ne seront qu’un archet de contrebasse, sans influence majeure sur la symphonie générale  choisie d’avance par le maitre des cérémonies.

Pour pallier au manque de légitimité populaire criard dont souffre le chef de l’Etat, les officines du régime ont cru rentable politiquement de placer des articles promotionnels dans la presse étrangère. Et quelle presse !

L’article paru cette semaine dans le Washington Times, une feuille de chou très pâle qui n’a ni le prestige ni le sérieux du Washington Post, New York Times, Wall Street Journal ou USA Today, est une preuve que le sentiment de faillite profonde s’est installé dans les officines du système.

Certaines voix avancent déjà que c’est le républicain et ancien patron du lobby des armes à feu (RIFLE), David Keene, qui a placé maladroitement ce papier complaisant et propagandiste, digne d’El Moudjahid des années 70, dans cet organe local qui ne fait l’objet d’aucune revue de presse concoctée chaque matin pour les grands bureaux de décision américains. Le  boy terrible du Wisconsin aurait empoché en 2019, selon Larbi Zouaimia, une bagatelle somme de 220 000 dollars pour assurer un lobbying en faveur de l’Algérie (Entendre promotion du régime).

Durant cette course effrénée vers le graal de la légitimité, le peuple continue de se soumettre avec dignité, courage et sens de civisme inégalé, aux recommandations sanitaires liées à la pandémie. Il a, en son fond et malgré les assauts répétés du régime, la conviction profonde qu’un changement radical dans la trajectoire de l’Histoire s’est opéré un certain 22 février 2019 et que la destination réelle de la nation n’est certainement pas celle où pointe l’index tremblant du régime. D’où cette sérénité dans sa démarche et cette confiance en l’avenir de sa révolution qui reprendra de plus belle après la fin de la pandémie.

Moussa T

 

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