FAUDRAIT-IL ÉVACUER LES QUESTIONS DE LA RELIGION ET DES LANGUES DE LA CONSTITUTION ?

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À chaque révision de la constitution, fait qui est courant dans notre pays, nous assistons à un débat orienté vers les aspects religieux et identitaires.

Au delà du fait qu’il n’y a jamais eu un véritable projet de constitution – le régime procède juste à un réajustement en fonction d’une conjoncture donnée – nous constatons une concentration abusive sur ce qui est communément appelé « les constantes nationales ».

Or, ne devrait-on pas plutôt sortir de ce bourbier pour avancer sur d’autres volets qui sont liés directement à la nature de l’État auquel aspirent les Algériens ?

Ne devrait-on pas accorder plus d’importance à la notion de séparation des pouvoirs et la rendre constitutionnellement irréversible afin d’asseoir les jalons d’un véritable État démocratique et pluriel ?

Les passions religieuses et identitaires alimentées par le pouvoir ont toujours faussé le débat sur la conception d’une constitution qui doit naître d’un projet constituant et qui se projette dans la refondation de l’État.

La constitutionnalisation des régions est, à titre d’exemple, une alternative fiable qui pourrait mettre un terme à cet éternel débat byzantin sur les fameuses « constantes nationales » qu’il faudrait désacraliser désormais.
Ne serait-il pas plus rentable et plus productif de constitutionnaliser la notion des régions pour mieux gérer la diversité algérienne ?

Ne faudrait-il pas garantir et exprimer la préservation de ces appartenances religieuses et identitaires à travers le renforcement constitutionnel des libertés individuelles sans pour autant intégrer des articles qui officialisent des religions ou des langues ?

Tant d’interrogations sur lesquelles un débat dépassionné gagnerait à être engagé.

Bien évidemment, cela n’exclut point le rappel des références historiques et civilisationnelles de notre pays dans le préambule de la constitution.

La constitution la plus en vue dans cette façon de faire est celle des États-Unis d’Amérique : aucune religion et aucune langue ne sont officielles dans la loi suprême de ce pays.
La mère des lois américaine annonce la couleur de sa nature au premier mot qu’elle prononce : « le pouvoir législatif ».

Pour l’Algérie, la composition sociologique, culturellement plurielle, et celle du territoire, géographiquement immense, qui ne sont pas sans analogie avec celles des USA nous incitent à méditer l’exemple de la constitution américaine.

Évidemment, il ne s’agit pas de remettre en cause le combat d’hier qui s’est construit sur une réaction légitime au déni identitaire, mais il s’agit plutôt de l’actualiser en fonction de nouvelles données politiques et géopolitiques qui exigent une meilleure vision pour la construction d’une Algérie capable de projeter le sous-continent nord-africain dans une perspective fédérale salutaire à l’émancipation de cette zone névralgique.

Osons donc le débat sur une constitution qui nous permettrait de garantir le respect de la diversité, tout en évacuant les religions et les langues dans sa mouture.

Moussa Nait Amara

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