Le PAD passe à la loupe les intentions du pouvoir et appelle à la constitution du regroupement le plus large contre la répression

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Les Forces du Pacte de l’Alternative Démocratique ( PAD ) se sont réunies, hier jeudi, au siège national du RCD pour examiner la situation politique du pays. Une occasion politique pour passer le régime en place sous la loupe en ces temps critiques marqués par la « un contexte sanitaire et socioéconomique délétère » et une « recrudescence gravissime des atteintes aux libertés fondamentales ».

Les Forces du PAD dénoncent dans un communiqué sanctionnant ladite réunion le pouvoir en place qui « emprisonne à tour de bras des militants politiques, activistes du Hirak et des journalistes », « dans le vain espoir d’avorter tout retour aux manifestations populaires pour le départ du système ». Elles voient dans les amendements de certaines lois « déjà liberticides » telles que le code pénal comme une ouverture de voie « à tous les abus du pouvoir en balayant les conditions élémentaires du procès équitable et de la règle de la présomption d’innocence et en accentuant l’instrumentalisation de la justice et les injonctions du pouvoir ». « Le meilleur exemple est tout récemment l’immixtion du chef de l’Etat dans des affaires en cours d’instruction en tentant d’orienter vers de nouveaux chefs d’inculpation, et bafouant par la même le principe de séparation des pouvoirs et de l’indépendance de la justice consacré par la constitution », soulignent les Forces du PAD.

Pour le pôle démocrate foncièrement engagé dans la révolution du 22 février, « la volonté de la mise au pas de la presse privée restée jusqu’ici un tant soit peu critique, ne trompe personne tant sont ridicules les prétextes et oripeaux brandis par les censeurs » et « L’opinion nationale et internationale est témoin du déni de droit opposé au peuple algérien par les partisans du maintien du système autoritaire ».

Les forces du PAD pointent dans leur analyse « un raidissement contre révolutionnaire des tenants du pouvoir » et une « obstination à refuser la voie du changement démocratique ». D’où leur alerte et appel à « la constitution du regroupement le plus large contre la répression et en vue de la mobilisation pour l’aboutissement du mouvement révolutionnaire du 22 Février 2019 par la consécration de la souveraineté du peuple algérien ».

Les rédacteurs du communiqué dénoncent un pouvoir qui « a décidé de dérouler sa feuille de route dans une situation d’exception pour exclure, une fois de plus, le peuple algérien du choix de son devenir » et ce, « contre la volonté de la majorité des Algérien-ne-s ». Ils estiment que les « triturations constitutionnelles unilatérales en cours confirment, une fois de plus, la culture de la pensée unique autoritaire et de l’octroi lesquelles reconduisent une confiscation de l’Etat à l’origine du désastre national depuis l’indépendance ».

Pour les Forces du PAD, « l’important n’est pas dans la phraséologie de dispositions constitutionnelles que le pouvoir et ses institutions ont violé chaque fois qu’ils ont été gênés », ni dans « des mesures de replâtrage » car « le consensus autour de la transformation institutionnelle et constitutionnelle pour la consécration de la démocratie véritable ne saurait aboutir sans un débat populaire large et public aboutissant à un processus constituant souverain ».

Tout en relevant que la crise sanitaire actuelle  « est une véritable mise à nu du degré de déliquescence des institutions de l’Etat dont le pouvoir porte l’entière responsabilité dans la précarité de la situation », les Forces du PAD n’ont pas manqué à saluer « le calme, la dignité et l’esprit de solidarité et d’auto-organisation qui animent le peuple algérien », rendre hommage « aux différents personnels de santé et à tous les professionnels et bénévoles en première ligne » et saluer « l’ensemble des travailleurs qui assurent la continuité des services publics indispensables à la vie quotidienne et des secteurs névralgiques dont l’agroalimentaire ». « Le mérite est d’autant plus grand que le manque de moyens de protection et le niveau dérisoire des salaires sont des réalités amèrement subies. La nation gardera éternelle reconnaissance à toutes ces courageuses catégories socioprofessionnelles », souligne le communiqué.

Les Forces du PAD clôturent leur texte par un appel à « l’intensification d’une solidarité agissante ».

Arezki Lounis

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