Liberté de la presse : D’Ouyahia à Tebboune, le pouvoir rabâche les mêmes arguments

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Même cynisme et mêmes argumentaire plein de mensonges. Le régime algérien ne change que sa peau, tel un serpent qui sort d’une longue hibernation. Même s’il apparait avec une nouvelle tête depuis la mascarade électorale du 12 décembre dernier, il reste, en revanche fidèle à ses pratiques autoritaires et liberticides.

Et quand ils sont acculés par les critiques ou cloués au pilori par des organisations non gouvernementales (ONG), nationales et étrangères, ses responsables réagissent avec des pirouettes. Ceux qui ont suivi la prestation télévisuelle du chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, hier soir, se sont vites souvenus de l’ancien premier ministre, Ahmed Ouyahia, actuellement en détention.

Et pour cause, le nouveau locataire d’El Mouradia, faute d’arguments valables pour justifier les atteintes à la liberté de la presse et à la liberté d’expression, n’a rien trouvé que de reprendre à son compte les propos, maintes mois, rabâchés, par l’ancien secrétaire général du RND.

S’exprimant devant des gérontocrates de la presse et des personnes ayant bénéficié de promotions douteuses, Abdelmadjid Tebboune n’a pas eu peur d’être ridiculisé pour « ce plagiat ».

« Nous respectons la liberté de la presse. Nous avons l’un des rares pays au monde qui dispose de 160 quotidiens, sans compter les revues », affirme Abdelmadjid Tebboune, même si aucun de ses invités ne lui a posé la question sur la liberté de la presse. Sur sa lancée, le locataire d’El Mouradia s’attaque à l’ONG Reporters sans frontières (RSF) qui établit des rapports annuels sur la liberté de la presse dans le monde.

Mais là aussi, il botte en touche. Mal conseillé, il s’attaque à Robert Menard, ancien cofondateur de RSF, qui a quitté l’ONG en 2008. A écouter Abdelmadjid Tebboune, on aura l’impression d’entendre Ahmed Ouyahia. Voici ce que disait ce dernier en septembre 2018.

« Si quelqu’un connait un pays dans le monde qui n’est pas critiqué par Amnesty international (AI) je voudrai bien le savoir », explique-t-il. Et d’ajouter : « Parlant de liberté d’expression, je vous invite à consulter les écrits et les caricatures de la presse algérienne, qui compte quelque 160 journaux, dont certains n’épargnent ni le président de la République, ni le Premier ministre ou autres institutions sans qu’aucun journaliste ne soit poursuivi en justice », déclarait-il.

Mais si Ahmed Ouyahia se vante de n’avoir emprisonné aucun journaliste, Abdelmadjid Tebboune, lui, tente de justifier la censure des médias, l’arrestation et le placement en détention des journalistes.

Massinissa Ikhlef

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