Pour avoir publié un post sur Facebook, un journaliste d’El Watan suspendu et poursuivi en justice par son employeur

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L’intolérance face à la liberté d’expresion semble prendre quartier partout. Cette fois-ci, c’est au journal El Watan qu’elle s’exprime si l’on en croit le post-alerte du journaliste Mohand Aziri. Le Quotidien d’information, considéré jusque-là, l’un des porte-voix de la liberté d’expression, a en tout cas péché par une décision jugée par beaucoup «disproportionnée» à l’égard d’un journaliste qui n’a fait que faire valoir son droit à l’inquiétude. 

Le journaliste Mohand Aziri est suspendu par la direction du journal, à titre conservatoire en attendant son passage devant le conseil de discipline et une plainte pour diffamation serait même déposée. Pour cause, un post publié sur sa page Facebook où il a émis un avis personnel sur la ligne éditoriale du journal qui commence à prendre une certaine direction. Un avis qui sonne beacoup plus comme « une inquiétude légitime » sur le sort d’un bateau dans lequel il est lui même embarqué.

Avant sa suspension, la direction du journal a soumis au journaliste un questionnaire pour s’expliquer sur le fait d’avoir publié sur Facebook un texte où il a, selon elle, « diffamé le journal El Watan, son directeur général et l’ensemble de la rédaction ».

En réponse, Mohand Aziri a eu cette réplique : « Le post FB sus- mentionné ne renferme aucune diffamation. Par contre, il s’agit de 1- d’un exercice rudimentaires des libertés ( du journaliste ) consacrées par la charte des valeurs du journal. 2- d’une convocation, sous-trait décalé, de la clause de conscience , comme journaliste. Je m’estime en droit d’apprécier le changement en cours de la ligne éditoriale , et de dénoncer d’éventuels reniements quand ils ruinent l’identité et le patrimoine de résistance d’un grand journal comme El Watan ».

Aussitôt connue cette décision de suspension, une vague d’indignation s’est formée sur les réseaux sociaux. Certaines voix ont même crié à l’inquisition. D’autres ont appelé à une solidarité active avec le journaliste.

Il est à noter que le journal El Watan est depuis quelques jours au centre d’une vive critique de la part de son lectorat qui soupçonne son ralliement au « clan au pouvoir », après avoir publié deux articles ,dont un en externe, où il couvre de louanges le président Abdelmadjid Tebboune. Le journal El Watan a pondu aujourd’hui un long billet pour récuser ces allégations.

Chabane Bouali

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