Université de Béjaia: Le collectif des enseignants et ATS estime que le e-learning est un échec

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Le Collectif des Enseignants et ATS de l’université de Béjaia a rendu publique hier une déclaration où il a rappelé son engagement pour « une Algérie libre démocratique, plurielle et en rupture totale avec un système despotique, dictatorial et liberticide ».

Le Collectif a fait état de la tournure que la situation politique a pris pendant la période de confinement. Il a tenu a dénoncer les multiples dépassements et autres intimidations dont le pouvoir de fait s’est rendu coupable.

« En effet, l’histoire retiendra que le pouvoir algérien, en faisant voter un nouveau code pénal à huis clos, et en tentant de faire valider une énième constitution, alors que le peuple est en confinement depuis deux mois, démontre son caractère autoritaire en totale incompatibilité avec un Etat de droit(…). Le harcèlement de simples citoyens pacifiques pour des accusations fallacieuses d’atteinte à l’unité nationale ou à des corps constitués, démontre la panique qui règne au sein d’un système qui s’effondre lentement, mais surement », lit-on dans le document du collectif.

Abordant le côté pédagogique et évaluant les décisions du ministère de l’enseignement supérieur pour remédier à la contrainte du confinement sur le cursus de l’enseignement, les enseignants et ATS ont considéré le recours a la méthode e-learning comme un échec.

« Le ministère a failli dans la cohérence, la faisabilité et la concertation. En effet, depuis Mr Hadjar, le secteur vit au rythme d’arrêtés et de circulaires émanant de la tutelle sans associer les véritables acteurs du secteur, à savoir, la communauté universitaire. Les décisions sont prises dans les couloirs du ministère avec la participation des syndicats et d’autres organisations satellites. Le e-learning nécessite des moyens techniques et une accessibilité que l’Algérie ne possède pas faute d’une politique de télécommunication otage d’intérêts autres que technologique et d’une vulgarisation de l’outil informatique, qui n’a connu du succès que dans les placards publicitaires. Nous ne pouvons adopter des solutions prônées par des pays qui sont dans une autre ère de la technologie.

Le e-learning est un échec contrairement aux fanfaronnades du ministère qui annonce entre 4 et 5 semaines d’avancement dans le deuxième semestre, alors que des centaines de milliers d’étudiants n’ont pas accès aux différents sites internet.

Même ceux qui y ont accès, se suffiront-ils d’un document PDF ou Word pour assimiler leurs cours, sachant que les travaux dirigés (TD) et les travaux pratiques (TP) ne sont pas, et ne peuvent pas être assurés par un simple fait d’affichage et ils nécessitent de s’exercer avec la présence et le concours des enseignants physique ou virtuel », explique le collectif dans sa déclaration.

Concernant les encadrements et les soutenances, les enseignants s’interrogent sur les moyens de « juger le travail d’un étudiant, si on se tient uniquement à une étude bibliographique ou théorique. Seul l’encadreur et l’étudiant sont à même de situer le taux d’avancement du mémoire et de sa soutenabilité. Au ministère, après avoir marginalisé l’enseignant, il semblerait que l’on veuille, maintenant, s’immiscer dans les rares prérogatives qui lui restent ».

Sur ce volet, Le collectif des enseignants et ATS de l’université de Béjaia a « la certitude que seule une démocratisation de l’université par l’élection des responsables administratifs, par la séparation de l’administratif du pédagogique, et de l’administratif du scientifique ainsi que le choix d’un programme à court et à long terme propre à chaque université, ou pôle universitaire, pourrait rétablir le rôle du secteur dans l’Algérie future que nous voulons moderne, libre et démocratique ».

Moussa N.A

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