19 juin : Journée nationale de la violence politique

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C’est le 19 juin, journée nationale de la violence politique par excellence. Il y a 55 ans, jour pour jour, le colonel Boumediene déposa son compagnon de putsch Ahmed Benbella sans ménagement ni remords de conscience. En le mettant au cachot pour s’emparer seul et sans partage du pouvoir politique, économique et culturel du pays, le chacal d’Oudjda posa les fondements d’un Etat militaire fait de violence, d’arrogance et de non droit.

Entouré d’anciens officiers de l’armée française tel que Chabou qu’il désigna secrétaire général du ministère de la défense nationale, le colonel Boumediene fait de son passage long de 13 ans à la tête de l’Etat une série interminable d’assassinats politiques, de tortures, d’exclusion et de terreur qu’il réservait avec délectation à ses détracteurs.

Depuis, les forfaits dictatoriaux sont élevés au rang de coutume sacrée, voire de religion, dans l’esprit de ses successeurs. Modelés dans la magouille politique, les différents tenants du pouvoir qui se sont succédé à la barre de commande n’ont pas appris l’art de l’écoute ni le devoir de consulter leur peuple.

C’est cette culture de la violence politique enracinée dans la sphère dirigeante du pays qui explique, aujourd’hui, cette tendance maladive à tout régler par la répression et l’approche sécuritaire. La chute du mur de Berlin, le passage de plusieurs Etat tyranniques de l’Est vers la démocratie en empruntant des processus de transitions variés, la révolution numérique et ce qu’elle a charrié comme mondialisation des fondamentaux démocratiques, les profonds changements politiques opérés dans certains pays africains, le sort dramatique qu’ont connu les sinistres Kadafi, Saleh, Moubarak, Saddam et Benali,  n’ont pas pu dégivrer le logiciel du système algérien, resté fonctionnel avec les algorithmes de l’Oukase et de la gâchette.

Même la révolution du sourire venue avec des gages qui garantissent le passage serein vers une démocratie majeure n’a pas pu ébranler les dogmes des grabataires de ce régime. La preuve est que, ce 19 juin 2020, ils célèbrent leur journée nationale avec plus de violence, d’arrestations et de répression. D’où cet appel des sages du Hirak à prendre son mal en patience, de ne pas se précipiter et de profiter de cette trêve unilatérale dictée par la conscience citoyenne en ces temps de crise sanitaire, pour affiner la stratégie de venir à bout de cette dictature militaire et entamer une phase de transition constituante.

La voix revendicatrice de liberté, de droit, de démocratie et de justice est désormais inextinguible. C’est un fait indéniable et, en lui, un signe d’une victoire certaine. Alors, allons doucement parce qu’on est pressés !

Moussa T.   

 

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