La panique du pouvoir devant la reprise imminente du hirak

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La reprise imminente des actions de rue dans le cadre de la révolution du sourire semble créer un climat de panique générale au niveau des différents compartiments du régime qui ne cesse de tirer sur tout ce qui bouge, mais il le fait dans un amateurisme politique et dans une médiocrité révélateurs des limites du pouvoir du fait accompli.

La gravité de la transgression des lois, qu’il a lui-même instaurées, dans l’opération de l’emprisonnement arbitraire des activistes est révélatrice de sa déstabilisation avérée.

Contrairement aux analyses défaitistes construites à partir d’une volonté de cultiver le statu quo et émanant de ceux, y compris en dehors du pouvoir, qui résistent au changement radical prôné par le mouvement du 22 février, la détermination des Algériens à reprendre la rue est plus que visible. Cette fois-ci, il ne s’agit pas uniquement des cerveaux, les estomacs aussi vont être de la partie.

La loi de finances complémentaire qui vient d’être adoptée avec une augmentation des prix du carburant (ce qui veut dire, augmentation des prix de tous les autres produits) est une preuve de l’irresponsabilité du pouvoir qui veut acter le transfert des effets de la crise sur les populations comme l’a si bien mentionné le RCD dans son dernier communiqué.

Les rassemblements corporatistes et autres actions citoyennes qui exigent la reprise des activités renseignent parfaitement sur le malaise qui caractérise le front social et qui se projette dans une reprise de la révolution du sourire avec une note de plus en termes qualitatif et quantitatif.

L’adhésion des syndicats et autres organisations qui représentent les commerçants et les professions libérales va donner un nouveau souffle au mouvement et lui permettre de s’épanouir vers d’autres actions nécessaires pour amplifier la pression sur le pouvoir.

Du côté du régime, une stratégie diabolique est mise en œuvre pour avorter cette reprise imminente. Le détournement du débat national vers des questions sensationnelles portant sur la religion et sur les langues, et qui s’inscrivent dans l’éternelle volonté du pouvoir de diviser le peuple, fait l’essentiel de cette feuille de route contre-révolutionnaire dont l’objectif est d’imploser le hirak avant sa reprise.

Le spectre islamiste est encore une fois brandi pour faire peur.

La dernière polémique sur le documentaire de France 5 en dit beaucoup sur cette façon alimentée par le pouvoir de confondre le conservatisme sociétal avec l’islamisme politique.

Le conservatisme sociétal est une réalité qu’il faut combattre au niveau de la société, chacun à son niveau et dans son entourage familial, professionnel et autres.

L’islamisme politique est une idéologie largement fragilisée politiquement.

La conjoncture actuelle est loin d’être celle de 1991. Brandir le spectre de l’islamisme politique est la dernière carte du régime pour étouffer la contestation. Il est de notre devoir de cesser de faire dans la propagation de cette confusion.

La tentative de restructuration des vieux satellites du régime pour les besoins de redéploiement du pouvoir du fait accompli au niveau local a généré l’effet contraire de ce que les concepteurs de cette stratégie espéraient.

En effet, les congrès du FLN et du RND autorisés à se tenir en pleine pandémie et dans les salles publiques les plus officielles ont fait comprendre aux Algériens les véritables intentions du régime qui ne se soucie guère de la situation précaire des citoyens confinés.

Cette gestion politicienne de la crise peut être le catalyseur d’une reprise des actions mais il faudrait rester vigilants et préserver le caractère pacifique de la révolution.

Certes, la rue doit être réinvestie avec plus de détermination mais aussi avec plus de lucidité devant les provocations incessantes venant du pouvoir.

Il faudra plus de réflexions et de concertation pour mieux actualiser et renforcer les actions afin de créer le rapport de force nécessaire pour atteindre l’objectif principal du mouvement du 22 février qui est celui de la rupture radicale avec le système dans toutes ses composantes claniques.

Moussa Nait Amara

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