L’APC d’Agouni Gueghrane équipe ses écoles en panneaux solaires : Le maire nous en parle

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Après Boudjima dans la wilaya de Tizi Ouzou, une APC gérée par un maire RCD qui s’est lancée il y a quelques mois dans l’équipement de ses écoles primaires en panneaux solaires, c’est autour d’une autre commune du parti de Mohcine Belabbes dans la même wilaya, Agouni Gueghrane, qui a pris le relais et s’est lancée à son tour dans le panneau photovoltaïque pour doter ses écoles primaires en énergie renouvelable.

On est tenté de nous poser la question: quelle mouche a piqué ces maires pour se lancer dans ce qui semble être une mission impossible et ramer (c’est le cas de le dire!) à contre courant de la médiocrité ambiante ?

Pour tenter de comprendre, nous nous sommes rapprochés de Farid Bachouche, l’édile communal d’Agouni-Gueghrane, cette commune nichée au pied du Djurdjura, pour l’entretenir de son ambitieux projet et lui demander de nous éclairer sur sa vision de l’avenir de sa commune en matière d’énergies renouvelables et de développement local.

 

 

Ameslay.com: Comment vous est venue l’idée d’équiper les écoles de votre commune en panneaux solaires?

Dès mon installation, j’ai demandé à mon service de comptabilité de m’établir le détail des consommations en énergie des infrastructures relevant de la commune: écoles primaires, mosquées, éclairage public, salles de soins, foyers de jeunes etc. C’est là que j’ai constaté que ce coût était important; il augmentait chaque année et grevait notre budget d’une manière conséquente. Alors, avec l’aide des élus de l’Assemblée, nous avons pris la décision de franchir le pas. Le retour sur investissement est assuré et c’est autant d’argent à récupérer chaque année pour le consacrer dans d’autres chantiers pour l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens.

Quand on connait la situation financière difficile des communes de notre wilaya qui, à quelques rares exceptions, dépendent des PCD (Plans communaux de développement) pour lancer quelques petits projets, comment comptez-vous financer l’acquisition et l’installation des panneaux photovoltaïques? Et à quel stade en est le projet?

C’est justement l’absence de ressources financière qui nous a pas permis de concrétiser notre projet avant cet exercice 2020. Les disponibilités financières de notre commune ne nous permettent pas d’inscrire des projets d’envergure. Nous dépendons exclusivement de la dotation en PCD accordée par la wilaya, qui soit dit en passant est très insuffisante au regard de nos besoins en développement. Pour cette année, nous avons décidé de puiser de cette cagnotte en PCD une somme de 4 millions de DA, soit 28% de notre dotation globale. Et lors de la séance d’arbitrage à la wilaya, j’ai reformulé notre demande et on nous a accordé une subvention de 5 millions de DA.

Pour la deuxième partie de votre question, l’opération est aujourd’hui au stade de réalisation puisque la partie administrative du projet a été bouclée: l’enveloppe a été budgétisée, le cahier des charges établi et le fournisseur sera retenu ces jours-ci.

Vous n’allez surement pas vous en arrêtez là . Quelle est la prochaine étape, toujours dans le renouvelable?

De mon point de vue, le plus dur était de se lancer dans le bain et nous l’avons fait. Maintenant, nous n’allons pas nous arrêter en si bon chemin. Notre objectif, après cette première étape qui cible les écoles primaires, c’est la généralisation de l’alimentation en énergie renouvelable de toutes les infrastructures relevant de la commune y compris l’éclairage public. La volonté et la détermination existent chez les élus, le reste, c’est-à-dire les financements, nous nous battons pour qu’ils suivent. A ce propos, nous avons entamé les démarches pour la récupération de la taxe sur l’activité professionnelle (TAP) due à notre commune par l’unité de production d’eau minérale LALLA KHEDIDJA. Cette taxe n’a jamais été reversée à notre commune depuis le rachat de l’unité, il y a une quinzaine d’année, par le groupe CEVITAL. Nous avons aussi engagé les démarches pour le lancement d’une régie communale des eaux étant donné que l’APC gère 80% des réseaux d’eau potable alimentés à partir des sources. Ce sont là quelques pistes pour améliorer les ressources de notre commune et nous permettre d’envisager l’avenir sous de meilleurs auspices. Ce n’est pas acquis pour autant car la règle chez l’administration ce n’est pas l’accompagnement et la facilitation pour toute initiative allant dans le sens de l’intérêt de la collectivité mais la suspicion et les blocages bureaucratiques surtout quand cela émane des élus locaux.

On vous laisse conclure

Le passage vers les énergies renouvelables n’est même pas un choix, il est inéluctable et plus tôt on ira, mieux ce sera. Retarder l’échéance n’est ni raisonnable, ni responsable surtout pour des communes pauvres comme Agouni Gueghrane. Quelle commune ne voudrait pas alimenter ses infrastructures en énergie sans débourser un centime et, dans le même temps, préserver son environnement? La seule contrainte est dans les financements des projets et c’est là que nous nous heurtons aux blocages de l’administration qui au lieu de nous financer et nous accompagner, nous met les bâtons dans les roues. En vérité, tout est réfléchi et conçu pour que les collectivités soient toujours dépendantes de l’Etat central.  Dans le même temps, il est établi qu’il ne pourrait y avoir de développement local sans décentralisation et sans l’autonomie des régions et des collectivités territoriales. C’et le combat de la régionalisation que je mène au sein de ma formation politique.

Merci de m’avoir donné la parole en ma qualité de maire et acteur du développement local et longue vie au site ameslay.com .

Entretien réalisé par Malik H.

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