Le professeur Bouzid dénonce un « cirque » de prise en charge à l’étranger destiné uniquement à la nomenklatura et leurs familles

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C’est un grand coup de gueule qu’a lâché le professeur Kamel Bouzid, président de la société algérienne d’oncologie médicale, à l’adresse des responsables du secteur sanitaire qui continuent d’examiner les moyens adéquats pour gérer les transferts de malades à l’étranger. Dans une déclaration en direct sur le site spécialisé Esseha, le professeur Bouzid demande tout simplement d’arrêter « le cirque » et de dissoudre la commission nationale de prise en charge des soins à l’étranger.

« ça fait 62 ans que l’Algérie est indépendante et 40 ans depuis que Monsieur Guidoum nous avait installés dans cette commission pour arrêter les transferts à l’étranger. Cette commission n’est d’abord pas nationale puisque c’est les mêmes individus qui la composent depuis 25 ans.Et elle ne traite que les dossiers de la nomenklatura, de leurs épouses, de leurs enfants, de leurs cousins …etc. », explique d’emblée le professeur Bouzid.

Revenant sur les annonces faites dernièrement à l’INSP à l’occasion d’une journée d’étude sur les transferts de malades à l’étranger, Pr Bouzid dit qu’ « on nous annonce la réduction de 15 000 à 217 le nombre des transférés, mais on nous dit pas qui sont ces personnes . Vous croyez que c’est la petite fille de Khenchla qui est morte de cardiopathie il y a deux mois ? certainement pas ».

« On nous dit pas les résultats de ses transferts, si les malades sont guéris ou morts. Et on ne sait même pas qui décide de quoi puisque aucun chef de service n’a fait de demande de prise en charge. Ce qui veut dire qu’il y a une autre voie que la normale. D’où l’impératif de dissoudre cette commission qui n’a plus la raison d’être et prendre la décision d’arrêter la prise en charge des soins à l’étranger », ajoute l’invité d’Esseha.

Jetant un regard très critique sur la politique de prise en charge des malades à l’étranger, le professeur Bouzid estime que «tout l’argent qu’on donne aux Français, Écossais, Belges, Turcs, ..etc pouvait servir à construire des hôpitaux dignes de ce nom et bien équipés dans tout le pays. Or, sur les 20 dernières années, on a hérité d’une très belle mosquée que je vois d’ici mais qui ne sert à rien et il n’y a aucun hôpital digne de ce nom ».

« Au nom de tous mes collègues, je demande qu’on arrête ce cirque de soins à l’étranger et de se moquer du peuple Algérien car ces gens qui nous gouvernent se comportent avec nous avec plus de mépris que les colonisateurs français ou turcs. 190 ans après, on nous parle des turcs ?  Que nous ont laissés les turcs  à part el baqlawa et Tozz ? rien. Et après tant d’années, on continue de parler de turcs et de malades morts en Turquie et bloqués depuis près de trois mois. Il faut que tout ça s’arrête », dit le professeur Bouzid, chef de service oncologie médicale CPMC, visiblement excédé par la légèreté avec laquelle est pris le dossier des soins à l’étranger.

Le professeur Bouzid conclue son intervention sur le site Esseha en exigeant la dotation des équipes Algériennes  avec le matériel, les médicaments et les équipements du même standard que ceux fournis aux équipes étrangères exerçant en Algérie.

Arezki Lounis

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