Libération prochaine de Tabbou et Belarbi : Mauvaise lecture de la constitution ou primauté du fait de prince sur la force de la loi ?

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Le respect des procédures judiciaires n’a jamais été la tasse de thé préférée du pouvoir Algérien. le porte-parole de la présidence, Mohand Said Belaid, vient d’en donner la preuve par quatre en confirmant la libération sous peu de Karim Tabbou et Samir Belarbi, deux détenus politiques, par décision du chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune.

La voix officielle d’El Mouradia prend le soin de souligner que cet élargissement qui épouse les traits d’une générosité présidentielle rentre dans le cadre des prérogatives constitutionnelles du président de la république.

Pourtant, la loi fondamentale n’autorise aucunement la grâce présidentielle, et sous aucun prétexte, au profit de détenus tant que le jugement n’est pas définitif et épuisant toutes les voies de recours. Le promoteur médiatique de la générosité présidentielle non quémandée jusque là par les intéressés n’explique pas comment va procéder le chef de l’État à élargir des détenus qui ont interjeté des appels sur des jugements qui ne sont pas encore définitifs. Sauf si le pouvoir a pris les devant en accélérant les procédures en ayant le regard peu regardant sur les délais et les formes.

Tous les Algériens épris de justice aiment bien voir Karim Tabbou, Samir Belarbi et les dizaines de détenus politiques encore en prison franchir le seuil de la prison dans le sens Exit. Ils le réclament par millions depuis des mois.  Leur libération doit être sous forme de reconnaissance du pouvoir politique et de tout l’appareil judiciaire de leur abus et de leur bavure. Leur libération doit être une reconnaissance officielle de leur statut de détenus politiques. Et qui connait le degré d’engagement de Karim Tabbou et ses compagnons de prison saura qu’il n’accepteront pas moins que ça.

La libération de Karim Tabbou, Samir Belarbi et les dizaines de détenus politiques en pleine procédures judiciaires, bien que souhaitée, est un abus de pouvoir, une fausse lecture des dispositions de la loi fondamentale et une reconnaissance nette de la primauté du fait du prince sur la force de la loi. Dans un pays de droit, les choses ne peuvent pas se passer comme ça.  Dans un pays de droit, les dossiers de Tabbou, de Belarbi, de Drareni et bien d’autres ne devaient même pas être enrôlés en principe.

Chabane Bouali

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