Prestation médiatique de Tebboune : un discours d’autosuffisance

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

Le moins que l’on puisse dire de la prestation télévisée du chef de l’Etat avec la presse, enregistrée hier et diffusée ce vendredi soir est qu’elle était un hymne à l’autosuffisance.

Durant toute la prestation, Abdelmadjid Tebboune n’arrêtait pas de dire que nous sommes les meilleurs, que nous sommes des précurseurs.

Sur le dossier sanitaire, et sans hésitation, le chef de l’Etat juge notre système de santé comme étant le meilleur au Maghreb et en Afrique. A l’entendre, les citoyens profitent à volonté de la politique des soins gratuits pour faire ses scanners, ses IRM et ses analyses médicales au frais de l’Etat. La couverture médicale est, selon lui, est totale. De la petite dechra au grand quartier huppé d’Alger ou d’Oran, le citoyen a accès aux soins. pourtant la réalité du terrain est tout autre. Des villages entiers s’organisent pour faire la manche sur les autoroutes en vue d’amasser les sommes nécessaires pour faire un scanner. Les services de radiologie dans les hôpitaux publics sont des zones inaccessibles au citoyen lambda. La majeure partie des analyses médicales, y compris pour les hospitalisés, se font chez le laborantin privé du coin avec l’argent du malade.

Sur ce dossier épineux, seul sujet qui flirte avec la réalpolitik dans les réponses du chef de l’Etat est cette agence nationale de sécurité sanitaire. Il a révélé qu’elle sera installée demain, en soulignant qu’elle sera le cerveau du système de santé de demain. Elle aura la main libre en matière de planification et de construction du système de santé. Toutefois, il prévient que la politique des soins gratuits adoptée jusque là n’est plus viable. Il laisse entendre qu’une réflexion est déjà engagée dans le sens de réduire la portion de s classes qui vont en bénéficier.

Questionné sur les revendications de plus en plus insistantes, Abdelmadjid Tebboune est apparu presque intenable sur son siège. Il profite de la perche tendue pour lancer une longue diatribe contre ceux qui veulent le tenir par la gorge sans lui laisser le temps d’au moins « chauffer le fauteuil ». Il demande à plusieurs reprises qu’on laisse à son gouvernement le temps de stabiliser son eau. Il n’hésite pas à taxer ceux qui manifestent de plus en plus sur le front social d’être manipulés par ceux qui  travaillent une agenda de déstabilisation du pays.

Pour ce qui est des impacts économiques de la pandémie sur les entreprises, le chef de l’État a balayé d’un revers de main l’option de l’amnistie fiscale. Il s’engage à aider financièrement les entreprises  impactées sur la base de dossiers comptables détaillés que ses services prendront le soin d’analyser. Et il invite les opérateurs à changer de mentalité et opter pour le système de protection via les assurances.

Pour les petits commerçants et même les chômeurs, le chef de l’Etat revient encore une fois au discours d’autosuffisance en déclarant qu’il a les moyens de les soulager financièrement.

S’agissant de la disposition constitutionnelle qui ouvre la voie à notre armée d’intervenir en extra muros, le chef de l’État repousse l’idée selon laquelle il projette de l’engager hors de nos frontières . Pour lui, ce n’est que la formalisation d’une conduite déjà adoptée par le passé. « Notre armée a mené par le passé 6 ou 7 opérations hors de nos frontières mais pour des causes de paix », dit-il avant d’assurer que tout engagement de l’armée à l’extérieur ne pourra se faire sans l’aval du peuple via le vote des deux tiers du parlement. 

Pour le déconfinement, le chef de l’État s’en remet à la commission scientifique.

Sur le dossier libyen, le chef de l’Etat dit que l’Algérie a proposé sa médiation à toutes parties. Il assure que toutes les parties ont accepté les propositions Algériennes mais certaines parties sans les citer empêchent le plan d’Alger de se concrétiser. il a lancé même une pique contre certains Etats qui se sont désengagés de l’accord de Berlin et ont fait passer des armes en Libye. Pour Abdelmadjid Tebboune, le règlement de la crise libyenne est dans l’intérêt de notre sécurité nationale.

Arezki Lounis

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

%d blogueurs aiment cette page :