La contre-révolution et la contre-évolution

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La révolution en marche depuis le 22 février ne cesse de rencontrer des embûches sur son chemin. Son « crime » est celui d’être la révolution du peuple et uniquement du peuple, mais aussi d’être une évolution sociétale dans sa manière d’exercer son droit à la contestation loin des paradigmes de l’ancien monde.

Au-delà de son aspect démocratique largement exprimé dans ses slogans et dans son comportement foncièrement pacifique et diversifié, ce mouvement insurrectionnel a réussi la rupture avec le paternalisme des salons et des officines occultes.

Son aspiration majeure est d’aboutir vers un État de droit où tous les Algériens sans exclusion aucune auront le droit d’exprimer pacifiquement leur vision pour le pays et pour le monde. Cette projection du vivre-ensemble est admirablement visible dans le fait de marcher ensemble femmes, hommes, communistes, libéraux, conservateurs, progressistes…

Cette particularité d’autonomie dans la démarche, relativement à la majorité des mouvements de contestation qu’a connus notre pays, a valu à cette action de conscience citoyenne une contre-révolution tout à fait dans l’ordre des choses, mais aussi et malheureusement une contre-évolution surprenante de la part d’une élite qui reste figée sur une conception dépassée du sens de la dynamique politique.

S’entêter à cultiver le statu quo et vouloir faire d’une bipolarité politique que la majorité des Algériens de 2020 n’ont pas vécue et n’ont pas connue est une autre façon de résister au changement et de refuser l’évolution.

Il ne s’agit pas aujourd’hui d’imposer une ligne politique à une révolution populaire, mais il s’agit plutôt d’opter pour un minimum de lucidité pour l’accompagner et user de son savoir-faire politique et non politicien, pour mieux traduire les aspirations populaires dans des contenus politiques et dans des mécanismes qui aideront à faire aboutir cette révolution, et subséquemment à trancher le nœud gordien qui mine le paysage politique national.

Il serait mieux et juste d’user de la capacité d’analyse de toute cette intelligentsia pour trouver le moyen de préserver et de maintenir cette cohésion nationale au lieu de la torpiller par des divergences idéologiques légitimes mais qui ne peuvent s’exprimer équitablement et en compétition programmatique que dans L’État de droit auquel aspire cette révolution en marche.

Ne faites pas dans la contre-évolution, faites dans son accompagnement. Vous êtes ses précurseurs et vous devez en être fiers.

Moussa Nait Amara

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