Révision constitutionnelle: Abdelaziz Rahabi s’interroge sur l’objectif de la démarche

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L’ancien diplomate, Abdelaziz Rahabi donne son avis sur le projet de la révision constitutionnelle. Sollicité par la Présidence de la république pour soumettre ses propositions, l’ex-ministre de la communication rend publique sa contribution et ses remarques sur ce chantier.

En effet, dans son document, le diplomate se pose d’emblée la question de savoir si « ce projet de loi suprême s’inscrit dans l’esprit de ses rédacteurs et de ses promoteurs dans la perspective de mettre l’Algérie en rapport avec le temps réel, de faire entrer le pays dans la modernité institutionnelle, de mettre les fondements d’un État de droit ».

« Ou alors d’une opération de stabilisation d’un système politique ébranlé par le Hirak et encore porté par sa longue réputation de ne rien faire sans la pression ? », demande-t-il. Pour lui, le débat actuel, qui demande une plus large adhésion sociale, « doit pour réussir conclure à la nécessité d’envisager ses conclusions comme un des actes fondateurs de la transition vers un système politique moins autoritaire et plus juste ».

« Cela n’est possible qu’avec la volonté politique, l’engagement et l’accompagnement des plus hautes autorités du pays », précise-t-il, tout en se félicitant du fait que « le document soumis au débat a le mérite de n’avoir pas cédé à la tentation populiste et aventurière des différents animateurs du débat sur l’identité ».

Ce faisant, Abdelaziz Rahabi passe aux propositions, en suggérant l’abandon de la dénomination actuelle de « République algérienne démocratique et populaire ». Celle-ci, explique-t-il, pourrait être remplacée par « République algérienne » ou simplement d’ « Algérie ».

« Cela est justifié d’abord, parce que l’Algérie a été dirigée de 1958 jusqu’à l’indépendance par le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA), et ensuite, la dénomination actuelle a été adoptée dans la première Constitution de juillet 1963 (…) et est le produit d’une réalité historique donnée, des rapports de forces du moment et de la conjoncture internationale marquée par la division idéologique du monde », justifie-t-il.

Abdelaziz Rahabi propose aussi un mandat unique d’une durée de six ans. «La vie de la Nation est en bonne partie réglée sur les échéances électorales. Les élections présidentielles remettent périodiquement l’Administration au centre de la politique et l’éloigne de sa mission de service public, des moyens financiers considérables sont mobilisés sur le budget de l’État et la perspective de la réélection favorise la corruption et le clientélisme », explique-t-il, réclamant au passage la suppression du Conseil de la Nation et la consécration de l’indépendance du
Conseil supérieur de la magistrature.

Il émet aussi des réserves sur la disposition portant création du poste de vice-président. « Cette idée revient à chaque révision de la Constitution avec l’arrière-pensée d’organiser la succession du Chef de l’État dans des conditions normales ou en temps de crise sans passer par les urnes. Elle ne déroge pas à la tradition nationale en la matière, décrédibilise toute l’architecture du texte et déprécie son esprit et ne participe pas à la réforme annoncée », dénonce-t-il.

Massinissa Ikhlef

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