Décès de Nouria Kazdarli : Elle était la doyenne des comédiennes

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La grande comédienne Nouria Kazdarli vient de tirer sa révérence à l’âge de 99 ans.

C’est à Ammi Moussa que Nouria -Khadidja Benaïda de son vrai nom-, naît en 1921 dans une famille de paysans aisés, originaires de Matmata, à Tiaret.

Vers l’âge de 14 ans, la jeune Khadidja quitte son village pour aller vivre chez sa sœur à Mostaganem. C’est là qu’elle rencontre quelques années plus tard, Mustapha Bouhrir, plus connu sous le nom d’artiste Mustapha Kazderli.

Entre les deux jeunes gens, c’est le coup de foudre. Obtenant la bénédiction des parents, ils se marient en 1939 et s’installent à Alger où Mustapha est employé à la compagnie Lebon de l’EGA avec Boualem Raïs, puis à la mairie d’Hussein Dey avec Taha El Amiri (Bestandji). Passionnés de théâtre, les trois amis créent la troupe théâtrale « Le Croissant algérien ». Abderrahmane Aziz et Latifa se joignent à cette aventure et, quelques temps après, la troupe fusionne avec « La troupe des artistes associés ».

Bien qu’elle baigne dans ce milieu artistique, Khadidja n’en fait pas partie mais un jour, alors que la troupe cherche une femme pour interpréter un personnage secondaire, c’est à elle que le rôle est proposé. Immédiatement, elle se prend au jeu. Boualem Raïs, lui donne alors pour nom de scène Nouria. Une artiste vient de naître.

Apprenant le métier sur le tas et au contact d’artistes de renom à l’image de Sid Ali Fernandel, Aouichette, Keltoum ou encore Djelloul Badjarah pour ne citer que ces quelques noms, Nouria gagne en assurance, laissant ainsi s’exprimer son grand talent de comédienne.

Faisant désormais partie de la troupe, elle va accompagner le reste des comédiens à travers les quatre coins de l’Algérie. Les sketches et pièces joués sur scène reflètent le quotidien, la vie sociale, l’injustice coloniale, les rêves de liberté. De spectacle en spectacle, de tournées en tournées, la troupe rencontre un grand succès auprès du public.

L’engagement à peine voilé de la troupe attire sur elle l’attention des autorités coloniales qui se mettent à surveiller étroitement tous les comédiens. «Les conditions de pratique du théâtre n’étaient pas toujours faciles à l’époque. L’administration coloniale nous surveillait. N’empêche, on arrivait à la déjouer en usant dans nos têtes de sous-entendus et de métaphores. Dans l’une des premières pièces La part de l’orphelin jouée devant un large public à Constantine en 1945, le message destiné aux Algériens encore sous le coup du drame qui l’a touché était à peine voilé. Le public l’a compris. Cela nous a permis de participer à l’éveil des consciences, la pièce était écrite par Moussa et mise en scène par Kazdarli qui avait déjà un capital-expérience non négligeable », a confié un jour Nouria, en évoquant cette époque.

Nouria et son époux seront d’ailleurs arrêtés, torturés et incarcérés pendant deux ans. Au lendemain de l’indépendance, les deux artistes poursuivent leurs carrières respectives.
Au cours de son long parcours, Nouria a été distribuée dans de grandes œuvres et jouera aux côtés de plusieurs grands noms du théâtre, du cinéma ou de la télévision. Parmi eux, il y a lieu de citer : Keltoum, Rouiched, Hassan El Hassani, Farida Saboundji, Sid Ali Kouiret, Momo, Hadjira Bali…

Elle compte en tout une participation dans plus de de 200 pièces théâtrales, 160 téléfilms et 4 longs métrages. Un bel héritage laissé à la postérité par celle qui était considérée comme la doyenne des comédiennes algériennes.

Kahina A.

 

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