Presse/ANEP : 15 000 milliards de centimes de pub siphonnés par la clientèle médiatique du régime.  

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Il n’est un secret pour personne qui l’ANEP a été, depuis longtemps, la boite à sous de la clientèle médiatique du pouvoir. Mais les chiffres communiqués le par le PDG de cette entreprise chargée de distribuer la manne publicitaire, Larbi Ouanoughi, donne le tournis.

Dans une interview à paraitre, ce jeudi 6 août, sur les deux journaux, El Khabar et El Watan, le nouveau patron de l’ANEP affirme que « l’organisme qu’il dirige a eu à gérer un portefeuille de plus de 15 000 milliards de centimes ces 20 dernières années ». Une grande partie de cette manne, gérée de manière occulte, a servi à l’engraissement de la clientèle médiatique du pouvoir.

De nombreux tires de la presse écrite, fondés particulièrement depuis le début des années 2000, ont brassé des milliards grâce à la complaisance des tenants du pouvoir et des gestionnaires de cette boite, dont des responsables des services de sécurité qui faisaient la pluie et le beau temps dans le secteur de la presse ; ils servent sans compter les « dociles » et ils coupent les vivres des « récalcitrants ».

En effet, Larbi Ouanoughi révèle pour la première fois l’ampleur de la manne financière brassée par les bras médiatiques du pouvoir : Echourouk (140 milliards de centimes entre 2012 et 2015 et plus de 39 milliards entre 2016 et 2019), Ennahar (120 milliards de centimes entre 2012 et 2015 et 115 milliards de centimes, entre 2016 et 201, soit 235 milliards de centimes) et El Bilad (40 milliards de centimes entre 2016 et 2019).

Bien qu’il soit créé récemment, El Hayat, dont le propriétaire Habet Hannachi est une nouvelle recrue du pouvoir, a déjà accaparé 12 milliards de centimes. C’est le jackpot pour ce journal au tirage insignifiant.

Evoquant la perte de 5000 milliards de centimes de créances, le PDG de l’ANP affirme aussi que les pouvoirs publics ont accordé, depuis 2012, 347 agréments de création d’organes de presse. Sur ce nombre, 40 titres appartiennent à des prête-noms, alors 107 ont mis les clés sous le paillasson.

Poursuivant la série de ses révélations, Larbi Ouanoughi affirme aussi que depuis 2016, 4000 milliards de centimes ont été distribués pour la presse écrite. Selon lui, le journal El Balagh a bénéficié de 30 milliards de centimes, la Dépêche de Kabylie (23 milliards de centimes) et Reporter (54 milliards de centimes).

Un député du FLN s’empare de 110 milliards

 Appartenant au député carriériste du FLN, Abdelhamid Si Affif, les deux quotidiens La Tribune des lecteurs (francophone) et Manbar El Koraa (arabophone) ont bénéficié entre 2012 et 2019 de 110 milliards de centimes.

 Le journal El Adjouaa, appartenant à des proches de l’ancien député du RND décédé, Miloud Chorfi, a bénéficié, lui aussi de 6 milliards de centimes. Le quotidien le Jour d’Algérie a brassé aussi près de 46 milliards de centimes entre 2016 et 2019 et 46 milliards entre 2012 et 2015. Les débats, une publication appartenant à la même propriétaire que Le jour d’Algérie, a disposé de 43 milliards de centimes entre 2016 et 2019.

Fermé par ses actionnaires en 2017 sans indemniser le personnel, le quotidien La Tribune a bénéficié lui aussi de 56 milliards entre 2012 et 2015. La Nouvelle République, dont le propriétaire Abdelouhab Djakoun ne cesse de pleurnicher sur le manque de publicité, a été pourtant arrosé par 43 milliards de centimes entre 2012 et 2015. Le quotidien El Khabar qui a commencé à bénéficier de la publicité ANEP depuis 2016, il a été destinataire de 35 milliards de centimes.

Le PDG de l’ANEP ne communique par les sommes obtenues aussi par l’Expression d’Ahmed Fatani, le journal régional Edough du fils d’Ahmed Gaïd Salah, ex-chef d’état-major de l’ANP et la manne distribué aussi aux journaux publics (El Moudjahid, l’Horizon, Echaab, Ennasr et El Djemhouria).  

Massinissa Ikhlef

 

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