RSF : « une condamnation de Khaled Drareni confirmerait que le pouvoir algérien a tourné le dos aux idéaux de l’indépendance »

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L’ONG Reporter sans frontières (RSF) qualifie d’aberrant le réquisitoire du procureur de la république près le tribunal de Sidi M’hamed qui a demandé 4 ans de prison à l’encontre du journaliste Khaled Drareni, dont le procès a eu lieu, hier. Alors que le verdict devra être prononcé, le 10 août prochain, RSF anticipe et affirme « qu’une condamnation de son correspondant confirmerait que le pouvoir algérien a tourné le dos aux idéaux de l’indépendance du pays ».

«Poursuivi pour “ incitation à attroupement non armé et atteinte à l’unité nationale”, après avoir couvert les manifestations du “Hirak », le directeur du site d’information Casbah Tribune, également correspondant de TV5 Monde et de RSF en Algérie a rejeté les accusations qui pèsent contre lui. Khaled Drareni a notamment assuré n’avoir fait que son « travail en tant que journaliste indépendant » et n’avoir fait qu’exercer “son droit à informer en tant que journaliste et citoyen” », rappelle RSF, dans un communiqué rendu public, aujourd’hui.

L’ONG rappelle, dans son communiqué, que le procureur de la République a requis quatre ans de prison ferme, une amende de 100 000 dinars algériens, (665 euros), ainsi que sa privation de ses droits civiques. « Pour justifier ses réquisitions, le parquet a notamment invoqué une publication du journaliste sur Facebook qui affirmait que le système politique n’avait pas changé en Algérie après l’élection du président Tebboune. Il a également été reproché à Khaled Drareni d’avoir publié le communiqué d’une coalition de partis politiques légaux qui appelait à une grève générale », souligne RSF.

L’organisation souligne, dans la foulée, que le collectif des avocats de la défense des trois accusés dans cette affaire a relevé, notamment, qu’aucune preuve ne venait affirmer les accusations portées contre Khaled Drareni et que sa détention préventive était contraire à la constitution qui interdit des peines privatives de liberté pour des faits rattachés à la liberté d’expression.

« Si les magistrats du tribunal de Sidi M’hamed sont indépendants, ils reconnaîtront la vacuité du dossier et prononceront la relaxe de Khaled Drareni », indique Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. En revanche, ajoute-t-il, « si ce réquisitoire aberrant venait à être suivi par les juges, cela serait la démonstration que la justice et le pouvoir algérien ont tourné le dos aux idéaux de l’indépendance du pays ».

Pour l’ONG, une condamnation du journaliste à une peine de prison serait la preuve d’une dérive autoritaire. « Si Khaled Drareni n’est pas libéré et relaxé dans les prochaines semaines, nous nous emploierons à faire savoir à l’opinion publique la réalité de la répression en Algérie et à mobiliser les organisations internationales et les gouvernements », annonce RSF.

Massinissa Ikhlef

 

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