BELKHADEM : Le liant entre les hommes du Palais et les frères de la mosquée

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Les gens du pouvoir ont l’esprit grégaire. Ils ont du mal à se défaire les uns des autres. Les copains et les coquins de toujours ont tellement mangé ensemble dans les mêmes râteliers qu’en temps de crise existentielle ils ne peuvent que se rappeler les uns les autres.

Les tenants du pouvoir réel qui violent depuis toujours le pays, son projet d’indépendance et ses rêves de liberté maintenus  vaille que vaille par une flamme militante indomptable, et ceux qui leur tiennent occasionnellement la chandelle, sont tellement maudits par le peuple et fuis par les cadres intègres de la nation qu’ils se trouvent condamnés à évoluer en vase clos, fait de perdants et échoués. Par là, on est tenté de voir le retour de la vielle quincaillerie politique au centre de la scène comme chose ordinaire.

La réception de l’islamiste Abdelaziz Belkhadem au palais présidentiel participe de cet effort vain de courir désespérément vers un mirage de maintien, alors que l’histoire a sonné, le 22 février 2019, la fin d’un cycle, d’une forfaiture et d’une imposture vielle de plus d’un demi-siècle.

Le rappel de Belkhadem était prévisible et même attendu. L’homme a toujours montré une disponibilité sans faille à répondre présent aux appels de détresse du régime, apte à tenter le diable pour le sauver et le fortifier. C’est un homme de missions aussi habile et aussi enclin à servir les tenants du pouvoir réel qu’Ouyahia.

Secrétaire général du FLN, plusieurs fois ministre, chef de gouvernement, président de l’APN à majorité FLN, Conseiller spécial d’Abdelaziz Bouteflika, Abdelaziz Belkhadem, 74 ans, est l’un des loups les plus rusés que le régime maffieux n’ait su dresser.

En état de divorce consommé avec l’écrasante majorité du peuple Algérien et en rupture totale avec le camps démocrate, le régime tente le tout pour le tout, en tirant vers lui, et par la barbe, ses alliés de toujours : les islamistes. Et qui mieux que Belkhadem pour ramener les brebis à la bergerie ?

Le pouvoir algérien, mis sous pression populaire sans précédent et placé par ses propres forfaitures politiques dans une impasse totale, n’a vraiment plus le choix que vendre son âme au diables. Et pour ça, il ne manque pas de faire des clins d’œil vers cette tendance rétrograde, elle aussi en état de déconfiture politique.

Sentant probablement le «Miâad» arriver, les islamistes se mettent en ordre pour mordre à l’hameçon. D’ailleurs, et en signe de bonne volonté de ralliement, ils évitent toute position qui fâche. Certains d’entre eux lancent même des offres de service pour rentrer rapidement, et en premier, dans les grâces des nouveaux maîtres. À vrai dire, eux aussi, n’ont pas vraiment le choix. N’ayant aucune voix audible dans le Hirak, ils se savent condamnés à rejoindre l’anneau du diable pour espérer sauver leurs turbans ou disparaître.

Le rappel de Belkhadem est certainement dicté par cette urgence d’avoir dans les institutions ce liant efficace et manquant entre les hommes du Palais et les frères de la mosquée à la veille d’un autre viol de la souveraineté populaire. À défaut du quitus républicain, le pouvoir se rabat sur la baraka de l’islam politique dans l’espoir de se maintenir.

Moussa T.

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