Haine raciale “débridée” !

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Tout le monde aura constaté que c’est après le durcissement de la législation sur la lutte contre la discrimination et le discours de haine et la promulgation de la loi y relative, publiée au Journal Officiel du 29 avril 2020, que la haine à l’encontre de Tamazight et de tout ce qu’elle représente s’est déchaînée le plus. C’est au moment où ce comportement est pénalement le plus risqué que cela se produit à grande échelle. Comment ne pas suspecter dès lors quelque chose de pourri au royaume d’El Djazaïr !

Cela ne peut avoir qu’une seule signification : les chiens sont lâchés ! A l’approche du référendum constitutionnel fixé de façon provocante pour un 1er novembre, des instructions ont été données en haut lieu pour déclencher les hostilités contre cette citadelle inexpugnable et éternellement rebelle – cible périodiquement réactualisée en fonction des besoins politiques du pouvoir – dans une tentative de diversion plus maladroite qu’opportune.

Il y a lieu de relever, d’abord, l’assurance de l’impunité caractérisant les attaques contre Tamazight et la qualité de leurs auteurs. Aucune autorité ne s’est donné la peine de réagir à leur sujet. Peut être parce qu’elles proviennent de chefs de partis et de pseudo-universitaires à l’idéologie régressive bien marquée et qui se portent souvent au secours du pouvoir à la moindre difficulté !

Si les partis de la mouvance obscurantiste sont connus pour leur exclusivisme arabo-islamiste et leur intolérance à toute diversité aussi bien religieuse que linguistique et politique, rien, de prime abord, ne prédestine des enseignants, se disant universitaires qui plus est même s’il est permis d’en douter, à faire partie d’un jeu politique malsain qui les pousse à renier tous les principes universels et intellectuels qu’ils sont censés œuvrer à diffuser parmi leurs élèves et dans la société ! Malheureusement, on sait que beaucoup d’entre eux n’ont obtenu leurs diplômes et titres que grâce à des faveurs administratives distribuées par le pouvoir à coup de décrets et non par quelques recherches ou publications valant intérêt. Ces gens font donc, avec les islamistes opportunistes professionnels, partie des légions du pouvoir qui les met à contribution en tant que de besoin. Ce qui doit être apparemment le cas en ce moment

C’est, ensuite, le contenu de ces attaques qui mérite l’attention. Tout ce monde revient sur un acquis constitutionnel qu’ils n’ont jamais contesté en son temps. L’islamiste Bengrina l’attribue même à un fait de la “bande” à Bouteflika pour donner plus de force à ses arguments, la mode étant de dire pis que pendre des vingt dernières années. Les pseudo-universitaires ne revendiquent pas moins que sa déconstitutionnalisation, comme si cette disposition contient à elle seule tout le malheur de cette pauvre Algérie qui n’arrive même pas à avoir des universités dignes de ce nom ! Le moins que l’on puisse attendre d’eux est une ouverture d’esprit au lieu d’une étroitesse de vue affligeante et une bêtise sidérante.

De ceux qui cautionnent la colonisation turque sous prétexte que les ottomans étaient musulmans à ceux qui dénient la moindre valeur à Tamazight quand ils ne nient pas carrément les origines ethniques du pays, le trait commun est l’idéologie islamiste sous-jacente, avouée ou sous couvert de divers artifices démagogiques. Il faut, peut être, rappeler à ces gens rétifs au savoir que l’ADN des nord-africains est berbère à 88 %, le gène arabe n’en représentant que 4 %, c’est-à-dire moins que le gène européen qui, lui, est de 5 %. Ils ne savent pas que la haine de soi est la pire des infamies.

Le but évident du régime est de déplacer le débat d’un champ politique qu’il sait miné et dans lequel sa pauvreté d’arguments n’a d’égale que son illégitimité et son éloignement, chaque jour plus avéré, de la population et de ses préoccupations politiques et matérielles. En créant un problème dans un but de diversion, il se réserve le recul nécessaire pour sonner la fin de la récréation de ses belliqueux partisans afin de paraître de la sorte comme le plus sage et le plus à même de fédérer les énergies et les différences culturelles et idéologiques du pays ! Un stratagème qui a, certes, fait ses preuves par le passé mais dont le peuple est revenu et dans le panneau duquel il ne tombe plus depuis le 22 février 2019 et la venue au monde du Hirak “béni” !

Mohand-Ouïdir Boumertit

 

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