Le Gouvernement Soudanais signe un accord approuvant le principe de la laïcité

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le Premier ministre de la transition, Abdalla Hamdok ,  a signé, jeudi dernier à Addis Abeba, une déclaration de principe avec Abdelaziz al-Hillu, chef de l’un des plus importants mouvements armés. Une étape importante pour celui qui dirige la transition soudanaise depuis la chute de Omar el-Béchir, estime des analystes.

Le point important contenu dans la déclaration, écrite sur une seule page, reste, selon des analystes, « la séparation de la religion et de l’État ». Un principe considéré comme une révolution dans les concepts dans un pays soumis durant des décennies à une propagande idéologique à outrance présentant, de façon déformée, le concept de la laïcité comme synonyme d’hérésie et d’athéisme.

La déclaration de principes signée comporte six points : le caractère « multiethnique » et religieusement divers du Soudan, l’égalité « garantie par la loi » de « tous les peuples » du pays, la règle démocratique pour tous et surtout « la séparation de la religion et de l’État », et le « respect » du droit à « l’autodétermination » où cette règle ne pourrait s’appliquer.

Avec cet accord arraché, le premier ministre Abdalla Hamdok doit redoubler d’efforts et d’ingéniosité pour ramener à la table du compromis national l’autre mouvement influent qui n’est autre que le Mouvement de libération du Soudan , qui a pris pied au Darfour et présidé par Abdelwahid Mohamed al-Nour. Ce dernier n’a signé jusque là sur aucun des accords passés.

Réagissant à l’accord de la capitale Éthiopienne, Abdelwahid Mhamed al-Nour a déclaré : « Aujourd’hui, les militaires tiennent totalement le pays et contrôlent tous les rouages de l’Etat. Ils tiennent : le pouvoir, l’argent, l’économie, la sécurité. Il n’y a qu’el-Béchir qui a disparu, mais l’Etat profond est toujours là et toujours aux mains des militaires. Pour cela, notre combat politique est un réel et grand combat afin de permettre à un Etat civil d’accéder au pouvoir. Sans un gouvernement civil, il ne sera pas possible de faire de percée ni en politique, ni en économie ni de mettre fin aux guerres ni de construire l’Etat de droits de citoyenneté et de développements équitable pour tout le Soudan. Notre projet vise à bâtir l’Etat en traitant les racines historiques de la crise. Nous voulons éradiquer totalement les raisons qui poussent. Si nous ne faisons pas ça d’une manière globale et on s’adresse seulement à ceux qui porte les armes, demain il y aura la guerre à Kordofan ou ailleurs. »

Ajoutant que « Le camarade Abdelaziz al-Hillu est un grand militant, il est notre partenaire. Notre relation avec lui est stratégique. Il défend son projet pour un nouveau Soudan, et nous défendons le projet d’un Soudan laïc, libéral et fédéral, ce qui nous rapproche beaucoup. Notre relation est très forte, et nous œuvrons ensemble pour changer le Soudan.»

Chabane Bouali

 

 

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