Le recteur de la Mosquée de Paris soutient Charlie Hebdo : « Qu’il continue d’user de sont art »

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Dans une tribune publiée, alors que s’est ouvert, mercredi devant la cour d’assises spéciale à Paris, le procès des attaques djihadistes de janvier 2015 contre Charlie Hebdo, des policiers et l’Hyper Cacher, le  recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-eddine Hafiz, a soutenu la rédaction de Charlie Hebdo. Il a émis le souhait que « que tous les musulmans – et ceux qui cherchent à les infantiliser – comprennent les traditions culturelles de la satire et de l’espace démocratique qui permet toutes les expressions même celles qui paraissent excessives ». « Dans notre pays, seule la loi fixe les limites », juge le recteur de la GMP.

« Que Charlie Hebdo continue d’écrire, de dessiner, d’user de son art et surtout de vivre. Que le drame qui a frappé cette publication, des policiers et nos compatriotes juifs serve de leçon à la communauté nationale, mais aussi à ceux qui se réclament de l’islam, à ceux qui se disent « amis des musulmans » et qui ne condamnent pas clairement ces crimes terroristes : en quoi le meurtre de dessinateurs a fait avancer la cause des musulmans ? Et en quoi la destruction et la barbarie peuvent-elles servir l’image de l’islam ? », interroge le recteur de la mosquée.

En 2006, au moment où les rues musulmanes soufflaient des colères contre la publication de caricatures jugées attentatoires à l’image du prophète Mohamed,Chems-eddine Hafiz, avocat de profession, porta plainte contre l’Hebdomadaire Charlie Hebdo. Aujourd’hui que la tension s’est nettement estompée, il explique les raisons d’une telle procédure.

« Beaucoup nous l’ont reproché (…) Je veux m’en expliquer aujourd’hui, car la Grande mosquée de Paris qui a toujours défendu les principes républicains n’était à aucun moment nourrie par une volonté d’interdire l’irrévérence, de condamner le blasphème ou de censurer des caricaturistes » écrit Chems-eddine Hafiz, qui a succédé en janvier 2020 à Dalil Boubakeur comme recteur de la Grande Mosquée de Paris .

« Notre action visait, avant toute chose, à couper l’herbe sous les pieds des milieux extrémistes et à canaliser le débat vers les prétoires afin qu’il n’ait pas lieu dans la rue » argumente Hafiz Chems-eddine.

« Notre action était celle de citoyens français qui voulaient user d’un droit constitutionnel. C’était une manière pour nous de prouver notre intégration quand les milieux extrémistes voulaient user de violence et porter la discorde dans l’espace public, non sans manipuler et instrumentaliser la jeunesse et les esprits les plus fragiles et malléables », ajoute-t-il.

Chabane Bouali

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