Les aberrations des consultations sur la Constitution : « Wisky Wisky », « anonyme », des illustres inconnus et des partis non agréés

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

 

Faire feu de tout bois ! Telle semble être la stratégie des tenants du pouvoir et la commission d’Ahmed Laraba pour procéder à la révision constitutionnelle. Présentée comme étant « consensuelle », la démarche n’est finalement qu’un four tout. En effet, pour faire le nombre et créer l’illusion d’une large consultation (plus de 1800 intervenants selon les tenants du pouvoir), les chargés de cette opération n’ont pas hésité à recueillir n’importe quoi auprès de n’importe qui.

C’est du moins ce que révèle le document récapitulatif des propositions rapportées par la commission Laraba, publié mercredi sur la page Facebook de la présidence. Disponible en format PDF, ce document renseigne, on ne peut plus clair, sur l’ampleur de l’arnaque constitutionnelle, présentée comme le fruit d’une consultation « d’une majorité de la société ».

Pour ce faire, les experts de la présidence ne se sont pas contentés de recueillir les avis des personnalités et des partis agréés qui ont des propositions sensées à faire. La majorité des intervenants sont des illustres inconnus. Pis, il y a même des pseudonymes et des noms propres qui ne renvoient à rien.  

En voici quelques échantillons : « Wisky Wisky », « Medjhoul (anonyme) », des individus lambda et des institutions publiques, à l’image de les « cadet de la Nation », « le wali », la faculté des sciences politiques de Tlemcen…

La commission Laraba a tendu aussi la perche à des partis non-agréés, dont les responsables sont des inconnus au bataillon sur la scène nationale. Paradoxalement, cette cohorte est très prolifique en suggestions exprimant plutôt la haine de la langue Amazighe.

« Haine » et falsification de l’histoire

Ce document révèle, effectivement, l’étendue de la haine envers la langue et l’identité Amazighe chez ces participants anonymes qui ont tous demandé la suppression de l’article 4 de la Constitution. Croyant que le nombre compte pour faire tomber le caractère national et officiel de Tamazight, cette meute qui donne l’impression d’être organisée, a inondé la commission de ce genre de demandes.

Certains ont même tenté de falsifier l’histoire en proposant, comme le fait ce « cadet de la Nation » de préciser, dans le préambule de la Constitution, que l’histoire de l’Algérie commence par « l’époque phénicienne » et « non pas numide ». Leur arrière-pensée est claire : faire croire que les amazighs ne sont pas les habitants authentique de l’Afrique du Nord.

Du côté des partis islamistes agréés, on constate une véritable ambivalence. C’est le cas du MSP. Cette formation dont le premier responsable, Abderrazak Makri en l’occurrence, a appelé tout récemment « à la généralisation de l’enseignement de Tamazight », a fait une proposition pernicieuse.

Abordant l’article 3 de la Constitution, le MSP suggère d’ajouter le terme « toujours » à la phrase considérant la « langue arabe comme étant la langue officielle de l’Etat ». Abdelkader Bengrina qui joue sur la division et qui exprime son rejet de la langue Amazigh n’a pas fait, en revanche, de proposition pour sa suppression dans la Constitution.       

Massinissa Ikhlef

 

 

 

 

 

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

%d blogueurs aiment cette page :