Lutte contre la corruption : la présidence contrariée par les « lettres anonymes »

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La présidence de la république exprime son mécontentement de la non-application de l’instruction du chef de l’État concernant l’abandon des lettres anonymes dans le cadre de la lutte contre la corruption.

«Des rapports parvenus à la présidence de la République font ressortir que certains cadres de l’Etat et responsables à différents niveaux ont fait l’objet de poursuites judiciaires, sur la base de simples lettres anonymes adressées aux différents services de sécurité et institutions de l’Etat », indique la présidence dans un communiqué rendu public aujourd’hui, rappelant le texte adressé au gouvernement et aux responsables des corps de sécurité en août dernier.  

« Nombre de cadres ont ainsi été privés de liberté sur la base de ces lettres qui, le plus souvent, se sont avérées dénuées de tout fondement.  Outre l’injustice subie par ces derniers-sus-cités, cet état de fait a entraîné une paralysie de l’activité des administrations et des entreprises   publiques, à cause de la crainte, la peur et l’angoisse d’être poursuivi sur la base d’une simple lettre anonyme », précise la même source.

Alimenté par la rumeur, ajoute le communiqué, « un climat de crainte et de suspicion s’est   installé auprès d’autres responsables qui, par crainte d’éventuelles poursuites judiciaires, se limitent à un minimum d’obligations et ne   développent aucun esprit d’entreprise ». « C’est ainsi que le traitement d’importants dossiers, revêtant parfois un caractère d’urgence, est renvoyé à des dates ultérieures, causant ainsi de graves préjudices au   fonctionnement de ces institutions », déplore la présidence.

Ce faisant, elle affirme qu’il « est impératif de différencier les fautes de gestion dues à une erreur d’appréciation des actes volontaires qui ne profitent qu’à leurs auteurs ou à des tiers malintentionnés ». « Pour ce faire, l’administration judiciaire dispose de tous les moyens légaux pour mener des investigations en la matière. Si la lutte contre la corruption est irréversibles et nécessaire, elle ne doit, en aucun cas, prendre la forme d’une campagne de déstabilisation des outils de réalisation et de concrétisation des missions de l’Etat et de ses   différentes structures d’exécution ». 

Pour la présidence, « ce climat malsain est naturellement alimenté par des rumeurs souvent   distillées par les tenants de l’argent sale, des corrompus, ceux qui veulent à tout prix déstabiliser l’Etat et ses structures pour échapper à leur sort inéluctable ». Selon la même source, les actes qui, bien que condamnables, ne tiennent qu’à l’incompétence ou à la mauvaise appréciation, qui sont démunis de tout esprit ou de volonté de corruption, passive ou active, et ne profitent pas à l’argent incompétent, ni directement, ni indirectement, ni à sa famille, ni à ses amis ou connaissances, « seront sévèrement sanctionnés administrativement ». 

En revanche les actes ayant été à l’origine de pertes économiques ou financières à l’Etat dans le but d’accorder des avantages indus à des tiers, en infraction aux lois et règlements et sans consultation écrite de la hiérarchie, doivent faire l’objet d’investigations à la recherche de preuves tangibles de corruption active ou passive.

« Par contre, toute aide apportée par les citoyens, directement ou à travers les médias avec les preuves nécessaires, doit être prise en compte pour des investigations éventuelles », souligne la même source, précisant que le citoyen doit   être protégé par l’Etat de toute forme de représailles.

« De même que toute personne détenant des informations dans ce sens est invitée à se rapprocher directement des autorités habilitées, conformément aux procédures en vigueur ou, le cas échéant, s’adresser expressément aux organes de la presse, la liberté de cette dernière étant consacrée par la Constitution », ajoute le communiqué.

Et d’enchaîner : « Aussi, Monsieur le ministre de la Justice et Messieurs les responsables   des services de sécurité, en charge des procédures préliminaires et judiciaires, vont être instruits, chacun dans son domaine de compétence, de  ne plus tenir compte, à l’avenir, des lettre de dénonciation anonymes,   celles-ci ne pouvant en aucun cas constituer une preuve d’imputabilité de faits qualifiés de crime ou de délit.  J’accorde le plus grand intérêt à la stricte application de la présente instruction ».

Massinissa Ikhlef

 

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