Université de Béjaia : Le collectif des enseignants et ATS se solidarise avec le RCD

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Dans une déclaration rendue publique hier où ils ont livré leur appréciation de la situation politique actuelle dans notre pays, les membres du Collectif des Enseignants et ATS de l’université de Béjaia ont tenu à exprimer leur solidarité avec le RCD qui subit en ce moment une véritable cabale.

« Un parti politique comme le RCD, qui s’est illustré par son accompagnement du Hirak, ne cesse depuis de longs mois de subir une cabale et des intimidations savamment orchestrés par le pouvoir de fait. Museler ce parti est l’une des grandes priorités des décideurs, puisque le RCD est l’une des chevilles ouvrières de la révolution du sourire et l’un des acteurs politiques les plus rassembleurs et capables de contribuer à la relance des marches populaires. Et parce que nous ne saurions nous taire face à de telles atteintes à l’exercice politique et au multipartisme, nous, membres du collectif des enseignants et ATS de l’université de Béjaia, exprimons notre solidarité inconditionnelle à ce parti et à son président M. Mohcine Belabbas qui est en train de subir, lui aussi, un acharnement sans précédent », lit-on dans la déclaration du Collectif.

Concernant la rentrée universitaire et scolaire, pour les enseignants qui composent le collectif elle a été retardée d’une façon incompréhensible, et l’argument sanitaire avancé par la tutelle ne tient pas la route puisque les conditions sanitaires qui prévalent aujourd’hui sont presque identiques à celles de la fin du mois d’août.

Irresponsables comme à leurs habitudes, les gérants du secteur de l’enseignement supérieur ont sacrifié le pédagogique sur l’autel des préoccupations politiciennes de leurs mentors au pouvoir. Au lieu de se préoccuper des contenus pédagogiques du semestre 2 que nos étudiants sont censés acquérir, ils ont préféré retarder le plus possible la rentrée universitaire afin de vider l’université et empêcher la reprise des marches de mardi. Et même la prétendue reprise actuelle selon le système des vagues, elle a été conçue de façon à ce que tout au long du mois d’octobre et début novembre les étudiants soient accaparés par leurs révisions (de cours qu’ils n’ont pas eus) et des examens (les mettant de fait sous tension permanente) qui leur rendraient le militantisme politique quasi-impossible. Et nous savons tous que cette période du mois d’octobre est cruciale pour le pouvoir qui prépare des échéances électorales vitales pour lui : le référendum sur une constitution d’ores et déjà décriée et rejetée par l’ensemble des militants et acteurs de l’opposition ».

Pour la rentrée scolaire, le collectif a fait le même constat que celle universitaire.

Sur le volet politique, le collectif a affirmé « qu’il est flagrant que le pouvoir de fait instrumentalise tous les moyens de l’État (justice, administration, médias, services de sécurité…) pour faire taire et terroriser les acteurs du Hirak et retarder au maximum la reprise de l’occupation des lieux publics qui favorisent les rassemblements et la communication entre Algériens ».

En énumérant les éléments de la manipulation du pouvoir pour empêcher la reprise du hirak et à côté de retardement des rentrées universitaires et scolaires et de l’acharnement sur le RCD, le collectif a dénoncé la non réouverture des mosquées pour les fidèles.

« La fin de la prière du vendredi marque pour de nombreux algériens le début des marches de la révolution populaire, et le pouvoir illégitime n’a pas hésité à piétiner l’un des principes les plus primordiaux des libertés individuelles et collectives, celle de la pratique du culte, pour faire obstacle aux marches imposantes du vendredi », écrit le collectif.

Pour les enseignants et ATS, il ne faut pas « faire l’impasse sur le retour des fermetures de routes dont les raisons sont essentiellement liées au retardement inexpliqué de l’ouverture des débits de boissons. Sans vouloir justifier ces fermetures de routes qui pénalisent les citoyens, force est de constater que les détenteurs des débits de boissons sont dans leur droit légitime de revendiquer la réouverture de leurs commerces légaux au même titre que tous les autres commerces qui ont été autorisés à ouvrir. Il est clair que cette interdiction obéit à une logique aussi absurde que machiavélique : celle de faire hypocritement le parallèle avec la non-réouverture des mosquées. Mais plus que cela, en maintenant ces lieux fermés contre toute logique le pouvoir ne fait que jouer sur la fibre conservatrice d’un grand nombre de citoyens en ravivant les clivages liés aux questions confessionnelles, et en remontant une catégorie du peuple (qui verrait d’un bon œil cette fermeture) contre une autre catégorie (qui serait privée de l’un de ses droits les plus élémentaires) ».

Abordant la question des libertés et des droits de l’Homme, le collectif a dénoncé l’arrestation d’un de ses membres Ahmed Benberkane, enseignant de droit à l’université de Béjaia vendredi passé à Béjaia.

Les membres du collectif ont exprimé « leur solidarité au militant Khaled Tazaghart qui a été injustement condamné à une année de prison ainsi que le militant Brahim Lalami lui aussi condamné à dix-huit mois de prison et tous les détenus d’opinion à qui nous apportons notre entière solidarité et soutien »

En fin le collectif des enseignants et ATS de l’université de Béjaia a appelé « les collectifs des quartiers et les associations à sensibiliser les jeunes manifestants afin d’éviter les dérapages » Il a appelé aussi « à gérer les événements avec dextérité, responsabilité et apaisement. Le Hirak est toujours vivant mais le Hirak ne donnera aucune occasion au pouvoir afin de rééditer le 05 Octobre 1988 ».

Pour le collectif, « les marches reprendront avec la volonté du peuple et sur appel du peuple ».

Moussa N.A

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